L’Abura-tori-gami, ou « papier anti-graisse » !

aburatori banière   Mais qu’est-ce que ce truc ? Ca vous intrigue, n’est-ce pas ? Ca ressemble à du bon vieux papier buvard. Ou du papier craft pour emballer les cadeaux. Ou encore, à du papier d’Arménie qu’on brûle comme de l’encens. Mais non, rien à voir ! Un indice : les femmes s’en servent en été et le rangent dans leur trousse à maquillage…

En japonais, le mot « Abura, 油 » désigne tout ce qui huileux ou graisseux. Ce peut être de l’huile de cuisson, du beurre, du gras de viande… ou la graisse du corps humain, externe ou interne. La graisse « interne », c’est celle qui se loge dans vos poignées d’amour. Et la graisse externe alors ? Vous savez, en été, quand la chaleur fait fondre votre crème de jour (ou votre fond de teint) et fait reluire votre peau comme un sou neuf ? Eh bien, c’est de cette pellicule de « gras » qu’on va parler ici.

aburatori 4   Le mot « tori » vient de « toru, 取る, prendre, retirer, enlever » et « gami, 紙 » signifie  « papier ». Ainsi, ces petites feuilles brunes servent tout simplement… à « retirer le gras de visage » ! Oui, ça peut paraître un peu étrange, dit comme ça. Pourtant, dans un pays où se maquiller en public est aussi grossier que de cracher par terre, l’Abura-tori-gami fait compromis.

   En effet, dans les transports ou dans la rue, s’il est mal vu de se repoudrer le nez, ça ne pose apparemment aucun problème de « s’éponger le gras du visage avec du papier ».

J’ai découvert ce drôle de phénomène pendant une leçon de français, en plein été. Une de mes élèves régulières, très coquette malgré ses soixante et quelques années, a sorti un jour l’un de ces petits carnets d’où elle a arraché une feuille toute fine. Puis elle s’est mise, sans complexe, à se tamponner le visage avec, sans jamais cesser de parler. Une fois son nettoyage terminé, on voyait clairement la différence…

différentes versions aburatori   Un peu plus tard, une autre élève m’en a offert un échantillon à son retour de voyage (le premier à gauche de la série ci-dessus). Apparemment, l’Abura-tori-gami peut tout à fait s’offrir comme « souvenir de vacances » pendant la saison chaude. Dans ce cas, l’abri cartonné contenant les feuilles présente un design raffiné, mignon ou traditionnel. Il en existe aussi sous forme de petits cocons de soie, creux, qu’on enfile au bout des doigts.

Mon élève en a aussi profité pour m’expliquer le pourquoi du comment. On peut donc dire qu’il s’agit de papier cosmétique, ou coquetterie féminine servant à contourner l’un des nombreux tabous sociétaires du Japon.

Voilà voilà, je vous laisse juger !

aburatori man

Version d’Abura-tori pour hommes ayant quelque chose à prouver…

aburatori géant

Version  XXXL d’Abura-tori-gami, pour les femmes à transpiration abondante (non, je rigole…)

aburatori soie

De l’Abura-tori sous forme de cocon de soie, à enfiler au bout des doigts.

Ary la fourmi

Publié dans Hygiène, beauté, santé au Japon | Tagué , , , , , , , , | 8 commentaires

Règle n°1 : ne jamais contredire le client

staff combini 4Au Japon, le client n’est pas seulement Roi. Il est sacré, quasiment l’égal de Dieu. Quelle que soit sa requête, il est interdit de lui répondre par la négative. S’il profère une énorme bêtise, il ne faut pas le contredire. Cette maxime donne parfois lieu à des échanges complètement absurdes, comme le prouvent les témoignages ci-dessous !

client agacé   Si l’on ajoute le préfixe honorifique « o » et le suffixe divin « sama » au mot « client », (o-kyaku-sama, お客様, « ôô-client-Dieu ! ») ce n’est pas seulement pour faire joli. Au Japon, la clientèle est placée sur un piédestal, à l’inverse des vendeurs devant se plier à leur moindre caprice.

Si on peut facilement imaginer le stress permanent pesant sur les employés, on peut aussi noter (à la décharge du client) l’agacement ressenti face à tant de rigidité, de manque de chaleur humaine et de faux-semblants. Quant à cette règle absolue interdisant de contredire le client, elle entraine parfois des échanges tellement grotesques que j’ai eu envie d’en partager certains avec vous !


cafe jeux

« Dans un café ludique »

 

 

A Kyoto, je fréquente de temps à autres un « café-jeux-de-société » dont le proprio (américain, super sympa), vient de se marier avec une adorable japonaise. jeu de societe cafe japonPour faire connaissance, cette dernière est venue se rajouter à notre partie en cours (un jeu de plateau à base de chats et de souris…) Le jeu démarre, et les souris avancent lentement sur les cases, suivies de près par le chat gourmand. Pas de chance, tous mes rongeurs se font croquer assez vite… Mais par réflexe, quand vient mon tour de jeu, je récupère les dés et m’apprête à les lancer.

– Ah oui c’est vrai… Je suis éliminée. Et ma dernière souris est en cage. Bon…

   C’est à ce moment que la douce et tendre du proprio, constatant mon air dépité, me regarde et me dit :

– Mais tu sais, tu peux quand même lancer les dés !

Perplexe, je la regarde sans comprendre. Puis, pensant qu’elle fait référence à quelque règle obscure, je demande naïvement :

viva topo 3– Vraiment ? Je peux encore jouer ?

– Bien sûr, tu peux lancer les dés. Vas-y, je t’en prie !

– Mais heu… J’ai perdu, non ? Donc ça ne sert à rien…

  La japonaise me sourit, un peu gênée. En effet, ça ne servirait à rien. Mais oui, je peux les lancer. Pour m’amuser. Pour le fun, quoi.

– Heu… Non, c’est bon. Ca ira…

   Je passe les dés à ma voisine, vexée. Est-ce qu’elle se fiche de moi ? Ou alors, c’était pour tenter d’adoucir ma déception d’avoir perdu ? Je ne sais pas trop. Sur le coup, je l’ai assez mal pris. Et puis j’ai réfléchi. Je me suis dit que, en tant qu’épouse du proprio, elle s’imaginait peut-être devoir « brosser le client dans le sens du poil ». Sauf qu’à trop vouloir brosser, on obtient parfois le résultat inverse…


esthé«  Chez l’esthéticienne »

Alors oui, j’ai beau être une fourmi, il m’arrive parfois de pousser la porte d’un salon de beauté. Bref. Il n’empêche que, découragées par la barrière de la langue, les employées évitent en général de me faire la conversation. Pourtant ce jour là, je tombe sur une bavarde. Surprise, je réponds en japonais du mieux que je peux, jusqu’à ce qu’elle aborde le sujet de la cuisine…

– Les plats français sont assez caloriques, n’est-ce pas ? Et par rapport aux quantités, c’est pareil qu’en Amérique ?

– Ah non, pas vraiment… Mais vous savez, je pense que les français accordent beaucoup plus d’importante à la « qualité » qu’à la quantité de nourriture.

esthéticienne japon   L’employée reste silencieuse quelques secondes, puis me répond :

– Oui, je comprends. C’est vrai que c’est important de bien dormir. Moi aussi, j’aime dormir ! Aha…

Cette fois, c’est moi qui marque un blanc. Dormir ?? Mais de quoi parle-t-elle ? Et c’est là que je réalise mon erreur : j’ai utilisé le mot « Shinshitsu, 寝室, chambre à coucher » (au lieu de « Hinshitsu, 品質, qualité » dont je n’arrivais pas à me souvenir) Morte de honte, je me rends compte que cette faute de japonais peut aussi mener à des interprétations plus ou moins salaces…

– Ah non, pardon ! Je voulais dire… « quality ».

– « Quality » ?

short   L’employée ne comprend pas l’anglais. Echec. Je m’empresse de changer de conversation, mais ne peux m’empêcher de me sentir mal à l’aise. Je comprends soudain à quel point cet échange était superficiel. L’esthéticienne n’a pas osé me dire qu’elle n’avait pas compris par peur de me froisser. Au lieu de ça, elle a préféré approuver mes âneries. Au fond, peu importe de n’y rien comprendre. L’essentiel, c’est de s’assurer que le « client-Dieu » passe un moment agréable, même si cela implique de le laisser raconter des énormités. Hélas, dans mon cas, je me suis surtout sentie très bête…


client combini«  Au combini »

Le soir, en rentrant du travail, je passe souvent au combini (convenient store) pour acheter un yaourt/flan ou autre dessert à la cuillère. Et chaque fois, l’employé s’empresse de me le glisser dans un mini-sac-totalement-inutile et d’ajouter une petite-cuillère-ridicule-en-plastique. Évidemment, la première chose que je fais en rentrant chez moi, c’est de jeter l’emballage et la cuillère à la poubelle, non sans une petite pensée compatissante pour l’environnement.

  Et puis un jour, j’ai osé refuser. Une mico-seconde avant que le caissier ne plonge la main dans son réservoir à pseudo-cuillères, je lève la paume de ma main (en guise de stop) et lui dis gentiment « spoon wa iranai desu, スプーンは要らないです » (Je n’ai pas besoin de cuillère, merci).

combini   Il lève la tête, et me regarde bouche-bée. Il cligne des yeux puis s’incline devant moi : « Ooooh, sumimaseeen ! » (Pardon pardon…) « Shitsurei shimashita ! Hontôni sumimasen… »

(Je suis vraiment navré de vous avoir offensé/dérangé, pardonnez-moi ). Tout paniqué, il finit de me rendre la monnaie, s’incline une nouvelle fois pour s’excuser et me tend le sac, après s’être attiré au passage l’attention de toute l’échoppe.

cuillère combini   Perplexe, je prends mon dû et me dirige d’un pas rapide vers la porte, tout en me promettant de ne plus jamais refuser leur satanée cuillère. S’ils se mettent dans un état pareil à chaque fois, je préfère encore entamer une collection de couverts en plastique…


day_6_by_l_gackpoid-d4mxwnrPour finir, j’aimerais ajouter que malgré mes critiques, j’admire sincèrement le zèle des employés japonais et apprécie leur sens du service (même s’il est vrai que le naturel à la française me manque parfois un peu). Et puis il faut bien avouer que sans eux, je n’aurais pas autant d’histoires à raconter 🙂

Sur ce, je vous souhaite un bon réveillon, et un excellente année 2016 à tous !

Publié dans Tranches de vie | Tagué , , , , , , , , , , | 4 commentaires

La folle coutume du O-Seibo (ou l’enfer des femmes de médecin japonais)

 1d850b20f23f794712676d86465ede3b_s

Au Japon, comme on ne fait jamais rien comme tout le monde, on ne fête pas vraiment Noël. A la place, il existe l’« O-Seibo », une coutume consistant notamment à offrir un cadeau à ses supérieurs ou… à son docteur ! Témoignage d’une femme de médecin que cette tradition aux allures de marathon fait suer chaque année.

miyako385_1511301   Une de mes élèves _que nous appellerons Misako_ m’a récemment confié le calvaire qu’elle vivait chaque mois de décembre quand revient la saison du O-Seibo. Petite femme d’une cinquantaine d’années, Misako est toujours habillée très chic, sac Vuitton à l’épaule, petits talons, cheveux noirs lustrés et permanentés. C’est aussi et surtout l’épouse d’un médecin réputé possédant sa propre clinique. Elle est très fière du statut que cela lui confère, mais doit aussi faire face à un certain nombre de responsabilités associées.

L’une d’elles concerne justement cette coutume hivernale du « O-Seibo » (お歳暮). Alors c’est quoi exactement, l’O-Seibo ?

15868497460_7d31030ca5_o– Misako : C’est une vieille habitude japonaise destinée à remercier ses supérieurs, ou toute personne nous ayant rendu service au cours de l’année. On adresse en général les cadeaux de « O-Seibo » à ses patrons, professeurs, à sa belle-famille ou encore à son médecin _surtout si on a une maladie chronique ! Hélas, même si c’est une belle tradition, les jeunes générations la délaissent de plus en plus.

ib002_main– Ary : Si c’est une belle tradition, pourquoi cette coutume te fait tant suer ?

– Misako : Tu sais Ary, ce n’est pas facile d’être la femme d’un médecin au mois de décembre ! Tu ne peux même pas imaginer la quantité de cadeaux que l’on reçoit de la part des patients dès le 1er du mois, et pendant une vingtaine de jours. Alors oui, c’est bien, mais on ne sait jamais où stocker tout ça ! Et chaque fois, c’est moi qui dois me charger de rédiger les lettres de remerciement qu’il faut envoyer très vite après la réception de chaque cadeau. Ca me prend un temps fou !

57294793_624– Ary : Ca ne ressemble pas un peu à des pots de vin, d’offrir des cadeaux à son médecin ? Si on ne lui offre rien, il nous soigne mal ?

– Misako : Ah non, pas du tout ! On n’attend rien en échange. C’est un simple témoignage de sa reconnaissance. Et aussi, une sorte d’excuse ou de compensation pour les efforts déployés par le médecin pour nous soigner. Mais ce n’est pas obligatoire et ça ne change rien. A part témoigner sa gratitude et son désir de conserver de bonnes relations à l’avenir. Avant, j’avais l’habitude d’offrir des cadeaux de O-Seibo à ma belle-famille. Mais comme ils sont quasiment tous médecins, ils en reçoivent TELLEMENT chaque année que les miens passaient inaperçus… Alors j’ai arrêté.

Depachika– Ary : Quel est la valeur de ces cadeaux ?

Misako : Actuellement, on considère qu’un cadeau de O-Seibo doit coûter 5000 yen ou plus (environ 38 euros). Autrefois, c’était 3000 yen (environ 23 euros). Ce ne peut pas être 4000yen, car il faut que le chiffre soit impair ! En effet, s’il est divisible par deux, cela symbolise la cassure ou la rupture d’une relation, et donc ça porte malheur… C’est la même chose pour l’argent qu’on offre pour les mariages : jamais de chiffres pairs.

iroironahamu– Ary : Quel genre de cadeaux ton mari reçoit-il ?

Il s’agit souvent de nourriture : des fruits, de la viande, du thé, de l’alcool ou autre… Mais le problème, c’est qu’il existe des « tendances ». L’année dernière par exemple, la mode était au jambon, car on imaginait qu’il était possible de l’utiliser de multiples façons en cuisine. On nous a alors fait livrer des toooooonnes et des tonnes de jambon de qualité supérieure. Des MONTAGNES de jambon en bloc ! L’ennui, c’est que ça se périme assez vite, et qu’on en a reçu tellement que ça ne tenait pas dans le réfrigérateur. Alors on a du en conserver à l’extérieur de la maison, dans le froid de décembre…

Salon_de_l'agriculture_2011_-_savons_parfumés_-_03– Ary : Quelle était la tendance, les autres années ?

– Misako : Il y a quelques temps il y a eu la mode des savons. On a donc reçu un nombre incalculable de paquets de savons parfumés, bio, importés, etc. Mais au moins, il n’y avait pas de date de péremption. On a donc reçu de quoi rester propres et parfumés pour 1 ou 2 ans ! (*rire*)

11604038264_75dd995c5e_k » Hélas, les savons ont été remplacés par la mode des pommes l’année suivante… Et ça, c’était un vrai cauchemar. On en a reçu par cageots de 20 ou 30, car la valeur du présent doit atteindre au moins 5000yen. Tu imagines, Ary ? Des dizaines et des dizaines de cageots, c’est beaucoup trop ! On croulait sous les pommes, et j’ai du préparer du jus ou de la compote tous les matins jusqu’à janvier pour écouler tout le stock. Éplucher, épépiner, mixer des fruits à chaque réveil… J’en avais par-dessus la tête !

– Ary : J’en déduis que décembre n’est pas très drôle pour les femmes de médecin…

– Misako : Tu as tout compris, Ary. On utilise d’ailleurs l’expression « Shiwasu » (師走), tu connais ? 師 signifie « le Maître » et 走 veut dire « courir ». On dit ainsi que même le Maître de maison (dont la vie est paisible en général) doit courir partout en décembre, tellement il y a de choses à faire ! Ce mois-ci, après avoir terminé de rédiger les lettres de remerciement, il faudra que je fasse le grand ménage de fin d’année… Que j’achète les cadeaux de O-seibo pour les collègues médecins de mon mari… Que je rédige des dizaines de cartes de Nouvel-an… Puis il y aura les préparatifs du Réveillon… Ah, décidément, vivement le mois de Janvier !

shiwasu

 

Publié dans Festivités traditionnelles | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , | 9 commentaires

Quelques perles du blog !

Nuage de mots clésVoilà maintenant 1 an que je suis installée à Kyoto, et bientôt 3 ans que je tiens ce blog. Pour fêter ça, j’aimerais partager avec vous ces quelques perles dénichées dans les termes de recherche du site ! Qu’écrivent les internautes dans Google, avant d’atterrir ici ? Vous n’avez pas idée…Ant_by_munjey86

En observant les statistiques du blog, il m’arrive de tomber sur des termes de recherche quelques peu… étranges.

epilationEn tout cas, ce qui semble intriguer le plus les internautes concerne…. L’hygiène des japonais. Et surtout, les POILS ! Environ 50 % des termes de recherches comportent ce mot.

Je vous place ici les plus loufoques (je laisse bien sûr toutes les fautes d’orthographe, sinon c’est pas drôle…) :

« épilation japonaise de vampire »   // « pourquoi les japonaises ne se rasent pas »  // « pourquoi les asiatiques ne s’épilent pas »       //    « les japonaises se rasent-elles ? »     //  « les japonais ont ils des poils »(<========== Ce grand mystère…)

« comment les hommes japonais font pour ne pas avoir de poil »       // « poils japon »   //           « les japonais n’ont pas de poils »   //    « asiatique a poil masculin »     //               « les japonais sont-ils sans poils? »   //  « problème des japonais avec les poils »

« pourquoi les japonais se lavent les cheveux »    (<=== Oui tiens, pourquoi ?? )

Et dans un autre genre……….shoked

« voir des japonese a poil »   //   « les japonais a poils »

Plus étonnant :

« pourquoi les chinois n’ont pas de sourcils »   (==> Depuis quand les chinois n’ont-ils plus de sourcils ??)5539402799_ef18fec3cf_b

Ce qui explique pas mal de choses :

« pourquoi les japonais dépriment »   (===> Mais parce qu’on leur pose trop de questions sur leurs poils, pardi  !!!  Laissez-les tranquilles. )

On trouve aussi diverses questions d’hygiène :

goshi goshi towel« Que fait-on avec des filets dans la douche? » // « a quoi serve la petite serviette au japon »

« pourquoi les japonnais ce lave assis »// « qu’est-ce qu’on fait avec des filets dans la douche? »    //  « filet goshi goshi japonais pour la peau »  // « comment se lavent les japonais ? »

« les japonais se lavent »   (====> Oui, je vous le confirme.  )

« problemes de se laver donc je prends un petit tabouret » (==> ahaha ! )

« serviette de toilette sans poils »    (==> Pardon ?? )deo

Notamment sur le parfum, le déodorant et la transpiration :

« japonais n’ont pas de déodorant » // « les japonais ne se parfument pas »

« transpiration et poils au japon »  // « les japonais ne transpire pas »

« pourquoi les japonais ne sue pas » // »  « les japonais utilisent-ils du déodorant ? »

SAMSUNG DIGITAL CAMERACertains internautes s’intéressent aussi aux toilettes japonaises :

« toilette public au japon comment les reconnaitre sur la rue » (<= En ouvrant les yeux ?)

« est que les japonais ont un problème avec les toilettes »

« harcellement au toilet »    (<====== Cette personne ne doit pas rire tous les jours)

Pendant ce temps, d’autres s’intéressent à la rupture amoureuse. Et ça peut être assez violent…

« se separer d’une femme japonaise » // « mariage japonais cicatrice femme » (=> ouch)

shortLa seconde thématique la plus populaire concerne… Les fourmis !!! Et là, on trouve VRAIMENT n’importe quoi :

« fourmi grand extraterrestre » // « une fourmis peut elle avoir la rage » // « fourmi en couple »

« fourmi du recyclages »  // « fourmi et souffrance au travail »

« fourmi samourai » // « fourmi en canette » // « fourmie qui fait des pompe »

« je suis une fourmi »  (<===== Oui, moi aussi ! Top-là !! )

« peluches fourmis »  // « une fourmi remet sa mort »  // « fourmi drole »

« legende des femmes fourmis » // « nez de fourmi » // « maladie de fourmi »

« tenue de la fourmi pour deguisement »matcha latte

 » fourmi de politesse » (<=== Mais qu’est-ce que c’est  ??)

Et pour finir, les inclassables ! 

« matcha latte fais quoi dans le corp »   (<====  Si vous saviez…)

« quand une fourmie vous pique est ce que on peut aller à l hopitale »                                    (<= Bien sûr que « tu peux »… )

« ma maison est hanter le detecteur de fumer se met en route et ensuite l air etait glacer autour de moi »   (<=== Fuis ! Très loin ! )

« aide moi j ai une chute de cheveux ca se defourni »  (<== Sois fort, mon gars. On est avec toi.)

« superstition et petit rituel pour attirer vers soie les femmes » (<== Mon préféré !! 🙂 )


day_6_by_l_gackpoid-d4mxwnrVoilà, c’est tout pour l’instant !

Merci encore de suivre ce blog, et à très vite !!

automne

Publié dans Tranches de vie | Tagué , , , , , , , , , | 4 commentaires

Yasu, sur sa barque folle (2ème partie)

« I feel like in a cage » (“J’ai l’impression d’être en cage”) qu’il disait. Ce Japonais en décalage s’est finalement fait une place dans la société. Mais contrairement à ses pairs drogués de travail, Yasu a juste envie de fuir très loin dès qu’on tente de l’enchaîner à un bureau. L’envie furieuse de tout laisser derrière, de remonter dans sa barque et se laisser voguer vers des horizons plus cléments.

 « J’ai toujours rêvé d’être fermier »

cheA peine sorti du Starbucks, Yasu sort fébrilement son paquet de clopes de sa poche. « Ca t’ennuie Ary, si j’en grille une ? Ca me rend toujours nerveux, l’ambiance calme des cafés ». Il allume sa cigarette avec un soulagement manifeste. Sur son briquet, je remarque le visage du Che. Après quelques bouffées, Yasu reprend son récit tout en repérant du coin de l’œil un endroit où se remplir la panse. Un Izakaya, sorte de bar-brasserie japonaise. Une fois installé, il se commande une première bière.

« Tu sais Ary, en vrai, j’ai toujours voulu être fermier… Hein, pourquoi tu ris ? C’est pas des bêtises ! Un fermier, tranquille dans son champ, sans personne pour lui casser les pieds. Une petite vie stable, sans vagues, c’est à ça que j’ai toujours rêvé. Mais la vie m’a poussé à faire des choix différents. J’ai parfois l’impression d’être sur un bateau sans capitaine. Un bateau qui n’en fait qu’à sa tête et m’emporte où il veut !

1203385765_bfcdeb4a7e_b   N’empêche, à cause de mon parcours chaotique, j’ai du ruser pour trouver un travail quand je suis rentré d’Allemagne Si j’avais raconté mon histoire telle quelle, aucun recruteur n’aurait voulu de moi. Alors, je me suis mis dans la peau 4237144921_10d8f0dde2_od’un scénariste, et j’ai réécrit mon histoire pour lui donner un peu de cohérence. Je n’ai pas menti ! Seulement imaginé quelques connexions logiques entre chaque étape… Mon baratin a fonctionné, puisque j’ai trouvé mon job actuel : vendeur de matériel de construction destiné aux toits des temples japonais. Pourquoi j’ai choisi ça ? Parce que c’était pas loin de chez moi en vélo ! Ahaha… »

Yasu se met à rire, avant de prendre une première gorgée de bière.

« Et puis, on me laisse tranquille au travail. Si j’arrive un peu à la bourre ou que je rentre plus tôt chez moi après un déplacement, c’est pas un problème tant que mes chiffres de vente sont bons (et c’est le cas). Parfois il m’arrive de piquer un somme, ou, pour me détendre, de filer en douce chez un pote qui tient une boutique de location de vélo, juste en face.

Tant qu’on ne me surprend pas sur le fait, je n’ai pas d’embrouille ! En tout cas, ce n’est jamais arrivé jusqu’à maintenant…

Mais tu sais Ary, la partie la plus importante de mon travail consiste à faire des allers-retours dans plusieurs villes du Kansai afin de rencontrer les différents clients de la boite. Avec eux, je vais vider quelques bières, tout en parlant de tout et rien. C’est juste pour créer et maintenir de bonnes relations. Ça ne te rappelle rien ? Ahaha… ! Faut croire que je suis doué pour ça. Et puis ça fonctionne, vu qu’ils me recontactent toujours !

«  Keep running away »

136265004_a00d0fb949_b«  Quand j’étais ado, j’ai décidé que je fuirais sans hésiter toutes les situations qui ne me convenaient pas. Je ne souhaite pas, comme la plupart des Japonais, « tenir bon, et faire de mon mieux » (ganbaru, 頑張る) quelque soient les obstacles ou les difficultés. Je pèse toujours le pour et le contre d’une situation, et si les mauvais côtés sont plus nombreux que les bons, je prends la poudre d’escampette. C’est aussi simple que ça.

Ca parait peut-être normal pour un Occidental, mais au Japon, beaucoup de mes amis pensent que c’est lâche de ma part… Moi je crois, au contraire, que ça demande beaucoup de courage de tout laisser tomber pour bouger ailleurs et tout recommencer de zéro. Ce qui est lâche, c’est de s’obstiner à garder un travail ou de laisser perdurer une situation qui ne nous convient pas. La vie est beaucoup trop courte pour ça !

16942884458_d3e327afbc_kD’ailleurs, contrairement à la plupart des Japonais, je n’aime pas travailler. Et je ne considère pas mes collègues comme ma nouvelle famille. Ce sont juste des personnes avec qui je suis contraint de passer du temps, mais avec qui je n’ai pas d’affinités particulières. J’ai besoin de garder de la distance avec eux pour me sentir bien. Sinon, j’étoufferais…

3533868206_a47ebd1cd9_oA vrai dire, je ne travaille que pour une chose : conserver mon indépendance et protéger « mon territoire ». Ma vie perso, ma musique, mes art-books… C’est comme une bulle dans laquelle j’ai besoin de m’isoler pour me retrouver, me rappeler qui je suis vraiment. En tout cas, tant que cet univers privé n’est pas menacé, je ne ressens pas le besoin de fuir.

Comme je te l’ai dit, j’ai toujours souhaité avoir une vie stable et sans remous… Mais tu sais, je crois que quelque chose au fond de moi a quand même soif d’aventures ! Peu de Japonais arrivent à comprendre ça. En ce moment, j’ai un quotidien banal et sans problème et je m’estime satisfait. Pourtant, j’ai parfois l’impression d’être en cage… En fait je crois que je ne cadre pas trop avec la société ! Tout simplement. »

Yasu laisse échapper un rire amer, et après une dernière gorgée de bière, le voilà devenu songeur… « Je me demande bien où me portera ma barque, la prochaine fois… »

6046430973_41e796c76f_b

Publié dans Dans la peau d'un japonais | Tagué , , , , , , , , , | 4 commentaires

Yasu, sur sa barque folle (1ère partie)

3324835863_ea6d9a430f_o« I’m a shy boy » (je suis un garcon timide), qu’il disait. Pourtant, après quelques verres, impossible de stopper le torrent de paroles qu’il s’est mis à déverser à la ronde. Et quelle histoire ! Celle d’un Japonais qui n’aime pas les cages, d’un aventurier malgré lui, d’un bavard endurci que l’on paie à baratiner la clientèle, d’un rebelle qui se laisse porter, solitaire, sur sa barque imaginaire.

« Si tu es un homme, vas-y ! »

3670730389_5ccbd4c484_o   Tout commence dans un café à l’ambiance sage, pour un échange linguistique. Yasu s’est d’abord présenté comme un amoureux de vieux rock, celui des années 50s, 60s : « Je jouais de la guitare dans un groupe, quand j’étais plus jeune ».. Avant de travailler comme « vendeur » à Osaka, ce japonais d’une petite trentaine d’années a vécu 2 ans en Allemagne.

Au gré de ses explications, il gribouille des schémas sur un bloc note. Sa main tremble un peu. Nervosité, ou manque de nicotine ? À son anglais se mêle du vocabulaire allemand, et son japonais est teinté d’un fort accent du Kansai, celui bien corsé d’Osaka.

9015630963_72846279af_o« J’avais 17 ans quand j’ai décidé de faire Osaka-Hokkaido en vélo. C’est mon cousin qui m’a poussé à partir. Il m’a dit : « Yasu, est-ce que tu es un homme ? Oui ? Dans ce cas, vas-y ! » Tu penses bien, Ary, que j’ai pas pu refuser… Mon père était furieux, mais mon cousin est parvenu à l’amadouer.

J’ai mis à peu près un mois à rejoindre le Nord du Japon. Mais je me souviens surtout de mon passage à Toyama, où j’ai longé une falaise surplombant la mer. Ce chemin, si étroit que je craignais sans arrêt de tomber, se nommait « Oyashirazu, 親不知 » (« parents inconnus ») car autrefois, lorsqu’on devait l’emprunter, on ne savait jamais quel membre de la famille allait y rester… 

Après avoir bien sué, je suis arrivé à mon but. Il y avait là un distributeur de glaces. C’était des Häagen-Dazs, je m’en souviens encore. Même si j’avais pas un rond,  je m’en suis payée une pour me récompenser et l’ai savourée en regardant le coucher de soleil.  Ce n’est qu’une fois la nuit tombée que j’ai réalisé, comme un idiot, que j’étais loin d’être arrivé au bout de la route… En fait, je venais seulement d’atteindre le point de départ !!

17156295049_714ba79ffa_kComme c’était trop dangereux de dormir là, j’ai du poursuivre ce trajet de l’enfer dans la nuit, avec des camions qui me frôlaient de quelques centimètres et la mer qui se fracassait sur les rochers en contrebas. J’ai du hurler le nom de ma mère plusieurs fois tellement j’étais mort de trouille !

Arrivé à Hokkaîdo, j’ai pris le bateau pour rentrer. Je crois qu’à ce moment là, au milieu des flots, je ne me suis jamais senti aussi seul de ma vie. Et une fois revenu chez mes vieux, je n’avais pas spécialement l’impression d’avoir grandi. Tout est redevenu banal. Et je me suis dit « Ok, c’est ça la vie en fait… »

Le Périple Allemand

3544344170_bcab6a28c4_b   Quand j’étais ado je m’intéressais beaucoup à l’art, et j’adorais l’un de mes profs particuliers de peinture, un ancien torréfacteur. Même s’il passait plus de temps à me parler de café qu’à me conseiller sur mes croquis, j’ai eu envie de suivre sa trace. J’en avais les capacités, puisque j’ai réussi mon examen à une grande université d’Art ! Mais j’ai réalisé que, à part ce prof que j’admirais, je n’ai jamais respecté mes autres enseignants…  Et je crois que j’avais peur de devenir comme eux, aussi sérieux et rigide… Alors, j’ai arrêté l’Université au bout d’un mois… Ahaha ouais, c’était très court !

5766026059_3104d245a5_bJ’ai alors passé quelques temps à ne rien faire d’autre que de jouer du rock avec ma bande. Après ça, ma copine de l’époque est partie en Allemagne et m’a lancé un ultimatum : « Yasu, si tu ne me rejoins pas, je te quitte ! » qu’elle m’a dit. Alors bon. Ca tombait bien, parce que j’en avais un peu assez de ma bande de rockers, que je voulais laisser tomber pour créer ma propre musique. C’est ce qui m’a poussé à la suivre. La vie m’avait encore poussé à faire un truc de fou…

Au final, ma copine m’a quitté 3 mois après mon arrivée à Franckfurt. Elle s’était trouvé un autre mec, un Allemand bien musclé. Un de mes amis, en plus. J’ai néanmoins décidé de prolonger mon séjour, car je ne voulais pas rester sur de mauvais souvenirs. Je me suis inscrit dans une école de langues. Et le soir, je bossais dans un resto japonais.

8347804459_52c2a0005d_kL’école organisait des échanges linguistiques, que je trouvais chiants comme la mort. Tout le monde y était trop sérieux et on ne communiquait pas vraiment. Avec un ami, ça n’a pas été facile de les convaincre, mais on a réussi à les inviter à boire l’un après l’autre, puis tous ensemble. Et là, l’ambiance s’est détendue et on a vraiment commencé à faire des progrès et à s’amuser ! C’est comme ça qu’après un an, je suis parvenu à m’entourer d’une vraie bande de potes.

5280386753_1c5f1260a3_bQuant à mon taff au restaurant, il était régulièrement fréquenté par quelques clients importants : des PDG de grandes entreprises japonaises notamment. Or, mon rôle consistait surtout à m’asseoir avec eux, à boire des verres et à leur faire la conversation pendant des heures… D’après le chef, j’étais doué pour ça, et j’aidais à fidéliser les clients. Finalement, je faisais assez peu la cuisine !

2808442856_41f67c07dd_oJe suis resté 2 ans en Allemagne. Par conséquent, lorsque je suis rentré, je n’avais jamais vraiment travaillé. Comme tu peux l’imaginer, dans un pays aussi conservateur que le Japon où chaque petite déviance fait de toi un paria, j’ai eu du mal à trouver un emploi. La vraie galère allait commencer… C’était en 2012.

Dis-moi Ary, ça fait déjà 2 heures qu’on parle là, tu n’as pas faim ? Allez viens, on va manger un truc…. ! »  (à suivre…)

Publié dans Interviews de japonais | Tagué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Le concept d’horloge vestimentaire

16680825271_09548a8bcb_kNous voici déjà en octobre : tandis que citrouilles, patates douces et autres gourmandises aux marrons envahissent les boutiques, les Japonais arborent déjà leurs vêtements de mi-saison. Mais attendez, il fait encore 25 à 27 ° dehors !! Ah oui mais non : parait-il que c’est ringard de s’habiller en tee-shirt une fois le 1er octobre franchi… Question de principe.

Ce matin là, le bulletin météo indique encore 27°, grand soleil à Kyoto toute la journée. Rien d’anormal pour un début octobre ! Avec une petite pensée compatissante pour mes compatriotes français, j’enfile un débardeur, un pantacourt et trois paires de sandales (ben oui, j’ai 6 pattes, ne l’oubliez pas. C’est contraignant d’être une fourmi, parfois) et  me mets en route pour l’école où j’enseigne.

P1010069   Choses curieuse dans le métro, tous les Japonais me faisant face sont couverts des chevilles jusqu’au cou : pantalons noirs, vestes sombres, pulls, blousons… J’aperçois néanmoins une paire de mollets poilus laissés à l’air libre. Soulagée, mon regard remonte… pour croiser celui d’un occidental blondinet, short, tee-shirt, sac de randonneur sur les genoux. Raté ! Les touristes, ça ne compte pas. Qu’est-ce qui leur prend à tous ?

Arrivée à l’école, je commence à donner mes premières leçons. Je remarque bientôt les regards curieux que mes élèves portent sur mon accoutrement. Eh bien quoi, n’ont-ils jamais vu de fourmi en débardeur ?? (Comment ça, vous non plus ?? Je suis une fourmi très pudique, figurez-vous). Je finis par poser la question qui me brûle les mandibules à l’une de mes habituées :

16243024732_eb494af3a1_k– Heu… Dites-moi, vous n’avez pas chaud comme ça ?

– A vrai dire, si, un peu… Mais c’est déjà l’automne, vous savez !

– Certes. Mais il fait encore 27°, ce n’est pas nécessaire de mettre une veste, si ?

– Ah, mais c’est comme ça au Japon. A la fin de septembre, on range ses vêtements d’été et commence à porter ceux d’automne. C’est mal vu d’être « en retard » sur la saison, même s’il fait toujours chaud. Les gens pensent que c’est ringard de continuer à mettre des tee-shirts en octobre. Par contre, si on est en avance, dans ce cas ça va, c’est à la mode !

– Oui mais… quand même, avec le réchauffement du climat, ce n’est plus nécessaire de ranger ses vêtements d’été si tôt, n’est-ce pas ?

Ca ne dépend pas des températures. C’est la coutume, c’est tout. Vous savez, les Japonais sont très conservateurs… Puisque c’est décidé comme ça, on ne se pose pas de question. C’est la même chose avec les Kimonos : chaque type de motifs correspond à une saison particulière et il faut respecter les dates pour ne pas être ridicule en société.  Mais ne t’inquiète pas, Ary ! Tu es une fourmi occidentale, donc tu n’as pas à respecter ces traditions si tu n’en as pas envie.

中野4%u3000画像—————————————————————–

5410691776_fd2c25f7aa_oCet échange, qui m’a laissé un peu perplexe, m’a rappelé la conversation que j’avais eu avec un autre élève au sujet du « koromogae 衣替え » (changement de tenue). Apparemment, c’est à l’ère Edo (dans les années 1600~~) que les premières normes vestimentaires sont nées à la Cour de l’Empereur, avant de s’étendre à toute la société. A l’époque, cela concernait les différents types de Kimonos. Aujourd’hui, la coutume s’est étendue aux vêtements occidentaux, et notamment aux milieux scolaires et professionnels :  toutes les écoles, Administrations et entreprises doivent respecter certaines dates bien précises pour passer des uniformes d’été à ceux d’hiver (et inversement).

Enfin, à chaque changement de saison, certaines maisonnées ne se contentent pas de renouveler le contenu de leur placard : elles changent aussi leurs rideaux, housses de couette, de coussin, etc. Cette coutume permet non seulement d’adapter son humeur à celui de la météo, mais oblige aussi à laver régulièrement le linge de la maison… Comme on dit ici, « Isseki, ni-chô, 一石二鳥 » : Tuer deux oiseaux d’une seule pierre.

shortEn attendant, je ne sortirai plus en débardeur de sitôt… Tous ces regards intrigués, ça commence sérieusement à me mettre mal à l’aise.

5424126319_ce9b28b01e_b

Publié dans Modes étranges et apparence | Tagué , , , , , , , , , | 4 commentaires

La mode des lunettes de soleil… sous la pluie.

sunglasses rainChaque été au Japon, on mène la guerre aux UV : ombrelles, mitaines, leggings, on couvre chaque centimètre de peau afin d’éviter toute exposition au soleil. Toutefois, cette tendance a récemment pris des proportions un peu extrêmes : on se met à porter des lunettes de soleil… par temps pluvieux  ! Mais pourquoi donc ? Je vous explique…

La première fois que j’ai pu observer ce curieux phénomène, c’était au travail. Il pleuvait ce jour là, et pas qu’un peu. Soudain, je la vois arriver… Passant la porte, elle referme son parapluie trempé, puis d’un geste très naturel, ôte ses lunettes de soleil. Il s’agit d’une jeune femme japonaise, membre du staff de l’école.

Je ne réalise pas tout de suite ce que je viens de voir.  Enfin, mes antennes se tordent de perplexité, et mon regard se tourne vers les lunettes posées sur le bureau… puis sur ma collègue.Sans titre-1

– Heu… Mariko ? Tu as un problème aux yeux ?

– Non, pourquoi ?

– Eh bien… C’est un peu étrange de porter des lunettes de soleil quand il pleut, non ?

– C’est pour ne pas bronzer !

– … Pardon ?

– Ben oui… S’il y a des rayons UV qui passent par tes yeux, ça fait bronzer ta peau. Même quand il pleut ou que ta peau n’est pas exposée. Tu ne savais pas, Ary ? Récemment, beaucoup de monde parle de ça. C’est prouvé scientifiquement.


Flickr Tokyo PhotosessionInterloquée, j’ai décidé de faire quelques recherches en rentrant chez moi… Et j’ai fini par trouver l’information sur un site consacré à ce domaine. En effet, selon certaines études récentes, il suffit que la rétine soit exposée aux rayons UV pour que le corps produise de la mélanine et fasse donc bronzer la peau, même si cette dernière est entièrement couverte. Une partie des UV traversant les nuages, il devient donc nécessaire, selon cette étude, de protéger ses yeux (même par temps pluvieux) si l’on veut éviter une production de mélanine et un vieillissement prématuré de la peau…

En un mot, OUI, Mesdames et messieurs, NOUS POUVONS BRONZER PAR LES YEUX ! N’est-ce pas incroyable ?  On pourrait même attraper des coups de soleil !

size_605_552Or donc, les Japonaises sont tellement soucieuses de leur peau blanche que cette information s’est répandue comme une traînée de poudre. Ainsi, Mariko n’était que la première d’une longue liste. Quelques temps après, j’ai pu observer de plus en plus de femmes portant des lunettes de soleil _ je dois préciser que nous sommes en pleine saison des typhons… Autant vous dire que le paysage urbain est devenu quelque peu étrange !

Jusqu’à maintenant, on était plutôt habitués aux jolies ombrelles (d’ailleurs, j’ai aussi la mienne ! 🙂 ) aux mitaines anti-UV, aux visières opaques pour les adorables petites mamies japonaises, aux chapeaux de paille, et aux leggings noirs pour couvrir les jambes.

mixSans parler du rayon « crèmes solaires », en spray, en crème, avec tous les indices UV imaginables, dans chaque drugstore… Par contre, j’aimerais bien qu’on m’explique pourquoi il n’existe QUE des petits formats pour un prix aussi élevé ?? Quoique, attendez… La réponse est simple en fait : si l’on se couvre de la tête aux pieds, à quoi bon se tartiner de crème ?

11452882365_a4cda5f1ba_kEn attendant, je ne sais pas si cette nouvelle mode des lunettes de soleil par tous les temps est appelée à durer…

… A moins qu’il ne s’agisse d’un complot fomenté par les opticiens nippons pour booster leurs ventes ? En tout cas les amis, sortez couverts ! On n’a pas fini de suer.day_6_by_l_gackpoid-d4mxwnr

 

Bonjour, mamie ! 🙂 Tu vas faire tes courses ?

Publié dans Modes étranges et apparence | Tagué , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

L’homme qui a vu 3 fantômes

11571464595_ede4739e0d_kJe vous parlais, il y a quelques temps, de la superstition des Japonais. En voici un bel exemple avec ces quelques histoires de fantômes. Elles m’ont été contées, avec le plus grand sérieux, par M. Kusaoka-san (43 ans), l’un de mes élèves d’anglais.

Ary : Kusaoka-san, vous me dites que les fantômes existent ? Vous y croyez vraiment ?

Kusaoka : Bien sûr qu’ils existent, Ary ! J’en ai même vus trois. De mes propres yeux.

Ary : Racontez-moi !! Je veux tout savoir…

Kusaoka : Eh bien… Le premier, c’était il y a trois ans, un soir en rentrant du travail. J’étais en voiture et il faisait encore jour. Soudain, mon œil a été attiré par la silhouette d’un homme qui patientait, seul, à un arrêt de bus. Ce qui m’a surpris, c’est qu’il s’abritait sous un parapluie alors qu’il ne pleuvait pas. Je reporte mon attention sur la route quelques secondes à peine, puis jette un nouveau coup d’œil sur le trottoir... L’homme avait disparu ! Je n’en croyais pas mes yeux… C’était vraiment étrange.

40655463_f173f157e9_oAry : Mais… Il s’était peut-être déplacé ?

Kusaoka : Impossible. Le trottoir était désert. Et ça s’est vraiment passé en l’espace de 5 secondes. Ce ne pouvait être qu’un esprit… Je n’ai aucun doute là-dessus.

2528686805_09f0874f38_b    » La deuxième fois, j’étais à Londres en voyage d’affaire avec l’un de mes collègues. Un soir, en rentrant d’un bar et en nous dirigeant vers notre hôtel, nous avons croisé une jeune femme habillée tout en blanc. Elle avait les cheveux blonds… Mais en regardant mieux, on s’est aperçu qu’elle avait le cou tranché ! Tranché d’une horrible manière… Elle avait aussi un regard vide. Ce ne pouvait pas être un déguisement, c’était bien trop réel.

 » Quand je me suis réveillé le matin, j’ai pensé que j’avais rêvé. Ou alors que j’avais trop bu la veille et que j’avais imaginé des choses. Mais mon collègue m’a demandé : « tu te souviens du fantôme qu’on a vu hier ? C’était atroce, n’est-ce pas ? » C’est là que j’ai su que ce n’était pas mon imagination. Nous avions vraiment croisé un fantôme.

Ary : Et la troisième fois ?

Kusaoka : C’était aussi en voyage d’affaire, à Taiwan. J’étais en train de dormir dans une 2598440196_974b6e752e_bchambre d’hôtel. Soudain, au beau milieu de la nuit, je me suis réveillé en sursaut car mon lit s’était mis à trembler. Je croyais que c’était un tremblement de terre, mais j’ai alors senti des mains se poser sur moi et me secouer ! J’ai eu tellement peur ! J’ai vite allumé la lumière, et puis… Plus rien ! A part le lit en bazar, rien d’anormal. Personne dans la pièce. Juste moi…  Bien sûr, je n’ai pas réussi à me rendormir… Effrayant, n’est-ce pas ?

Ary : Oui… C’est comme un poltergeist !

Kusaoka : Exactement. Tu me crois maintenant, Ary ? Les fantômes existent vraiment…

-Ary : Mm…. Vous savez, en général les Occidentaux ne croient pas aux fantômes… Je pense que j’aurais besoin d’en voir un pour changer d’avis. Mais merci pour votre histoire !

——-

Il n’empêche, après cette conversation, je me suis demandée……….day_6_by_l_gackpoid-d4mxwnr

  • Est-ce parce que les Japonais croient réellement aux fantômes qu’ils semblent en voir un peu partout ?
  • Et nous, occidentaux, nous sommes tellement persuadés qu’ils n’existent pas que si jamais un fantôme s’offrait à notre regard, peut-être qu’on ne le réaliserait même pas ? Ou que l’on continuerait à nier ? Ou à accuser nos sens ou notre raison ?

Allez savoir… En tout cas, c’est intéressant de penser qu’ici, c’est plutôt normal de croire aux esprits. C’est presque une évidence, en fait. Alors qu’en Occident, avouer croire aux esprits reviendrait à dire que l’on croit toujours au Père-Noël…

11334785334_4f16de0ed5_h

 

Publié dans Interviews de japonais | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Le mystère des « éponges à doigts »…

en teteConnaissiez-vous les éponges à doigts ? Non ? Eh bien moi non plus… jusqu’à hier ! Pourtant, elles sont présentes dans la plupart des commerces japonais, et servent à… s’humecter les doigts. Oui, vous avez bien lu. 

Les bonnes manières et le rapport à la propreté diffèrent d’un pays à l’autre, et c’est d’autant plus vrai quand on parle du Japon. Parfois cela tient du détail, comme ces fameuses « éponges à doigt »… Mais ce qui est un détail pour nous ne l’est pas forcément pour les locaux.

choc

OMG !! Il a mis ses doigts dans la bouche ! Quel gros pouilleux !

Après deux ans passés au Japon, je viens tout juste d’apprendre que porter ses doigts à la bouche en société est d’une grossièreté toute occidentale. Il faut bien avouer que pour nous (Européens) c’est un geste assez naturel : s’humecter les doigts du bout de la langue pour tourner facilement les pages d’un magazine ou pour ouvrir un sac plastique neuf. Il nous arrive aussi d’ôter notre chewing-gum de la bouche avec les doigts pour le jeter. Et parfois, nous devons lécher les timbres afin de les fixer sur une enveloppe.

Ceci est un ojisan de type « primitif ». Autant vous dire que je préfère ne pas être comparée à ce type d’individus…

Ici, ces gestes sont considérés comme rustres et dégoûtants. Il n’y a que les « ojisan » (hommes japonais assez âgés dont les bonnes manières laissent à désirer) pour se comporter de manière si peu hygiénique. Et les étrangers, bien sûr. Mais ça ne compte pas vraiment. Parce que de base, nous sommes des barbares censés ignorer les bonnes manières japonaises, donc tout nous est plus ou moins pardonné ! Ca ne vous rassure pas ? Oui, moi non plus…

Aussi, pour ne pas être taxé « d’ojisan », il existe ces petites éponges à doigt !! Présentes à la caisse de chaque combini (convenient stores), elles permettent aux caissiers de s’humecter les doigts afin de saisir et d’ouvrir les sacs en plastique plus facilement. Et ce, sans avoir à utiliser sa langue…  On trouve aussi ces éponges dans les supermarchés, à destination des clients, lorsque c’est à eux de ranger eux-même leurs produits dans les sacs…

DSC_0113La photo ci-contre a été prise au supermarché du coin. Je n’avais encore jamais remarqué cette petite serviette humide (en rose) placée de façon stratégique sous les sachets plastique… Ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai appris à quoi elle servait. J’en ai les antennes toutes ébouriffées !

D’autre part, les Japonais ne se servent jamais de leurs doigts pour jeter leur chewing-gum. Ils le crachent directement dans un papier ou dans la poubelle.

On trouve aussi ces éponges humides dans les bureaux de poste, pour humecter les timbres sans avoir à les lécher…

Côté caisse, voilà à quoi ça ressemble  :

DSC_0112Il n’empêche, je ne suis pas sûre de trouver ça très hygiénique de frotter mes doigts sur une éponge que tout le monde a touché avant moi… Même s’il est vrai qu’à chaque fois qu’en léchant nos doigts, nous ingérons en même temps quelques milliers de bactéries. Little_Red_Ant_by_schapiro

Yeurrk…..

Publié dans La curiosité du jour | Tagué , , , , , , , | 3 commentaires