Le drame des pères étrangers (d’enfants japonais)

bébé japonais, père françaisOn le sait, beaucoup de couples mixtes finissent en divorce (entre 25 et 30% pour les Occidentaux-japonais). Barrière du langage, différences de culture,  problèmes de communication, les raisons ne manquent pas… Et quand bébé se rajoute à l’équation, la séparation devient encore plus douloureuse car au Japon, il n’existe ni droit de visite, ni partage de garde. Témoignage de Thomas, dont le mariage avec une japonaise est en train de battre de l’aile…

– Ary : Thomas, bonjour ! Peux-tu nous raconter tes débuts au Japon ?

– Thomas : Je suis arrivé au Japon il y a 5 ans, 10 jours avec le grand tremblement de terre de Tohoku (11/03/2011) ! Quand celui-ci a secoué le pays, je n’avais pas du tout envie de rentrer (malgré les injonctions de l’Ambassade de backpackerFrance) et gâcher le Visa Vacances-Travail que je venais d’entamer. Je lisais les news et me tenais prêt, au cas où… Finalement, comme la situation semblait stable, je suis resté. Quelques mois plus tard, je suis parti faire du bénévolat dans la zone sinistrée par le Tsunami. J’ai surtout aidé à évacuer les débits et à reconstruire. J’ai aussi travaillé dans des rizières en échange du gîte et du couvert. Même si les étrangers avec moi se plaignaient de la fatigue, j’ai adoré cette expérience ! Cette année là, j’ai aussi grimpé le mont Fuji avec un ami japonais plutôt atypique… Et enfin, j’ai commencé mon travail de guide à Tokyo.

– Ary : Et puis tu as rencontré Manami ?

couple d'amoureux2– Thomas : Tout à fait. A cette époque, Manami se disait passionnée par la France. Nous allions souvent dîner dans des restos français assez chics. Nous avons fait plusieurs voyages au pays, rencontré ma famille. Enfin, nous nous sommes mariés, puis elle est tombée enceinte. C’est après l’accouchement que tout a basculé… Depuis que le bébé est arrivé, elle n’a d’yeux que pour lui. Le reste n’a plus aucune importance. Elle m’a complètement mis à l’écart, et s’est désintéressée de tout ce qui touche à la France. Honnêtement, je ne la reconnais plus.

– Ary : A ton avis, pourquoi a-t-elle changé aussi brusquement ?

bébé et maman japonaise2– Thomas : Je ne sais pas trop, mais… Il semble que beaucoup de japonaises réagissent de la même façon après une naissance. Je pense que c’est dû en partie à l’influence de ma belle-mère. Au Japon, il existe la coutume du « Satogaeri » : une femme sur le point d’accoucher rentre chez ses parents, donne naissance dans sa ville natale et y reste environ 1 mois. Elle peut ainsi se reposer et se faire aider et conseiller par sa propre mère. Le problème, c’est que le père est totalement exclu pendant cette période, et ne peut pas voir l’enfant. Normalement, un père japonais est trop occupé avec son travail et peut difficilement prendre des congés pour aider sa femme. Mais dans mon cas, j’aurais pu être disponible ! Malgré tout, ma femme a disparu après la naissance. Et quand elle est revenue à Tokyo, elle n’était pas seule : sa mère avait décidé de venir s’installer avec elle. C’était le début du cauchemar…

– Ary : Tu dois donc vivre en compagnie de ta belle-mère ?

divorce couple mixte– Thomas : Non. Depuis l’arrivée de sa mère, nous vivons séparément… Ce n’est pas l’idéal, je sais… Il n’empêche, mon fils aura bientôt 1 an, et je n’ai passé que 6 mois près de lui. A présent, ma femme me demande le divorce ! Tous mes amis me déconseillent de céder. En effet, après une séparation au Japon, la mère a tous les droits. Pas de partage de garde ou de droit de visite. C’est encore plus difficile pour un père étranger qui, en plus de la difficulté d’obtenir un VISA, n’a presque plus aucune chance de voir son enfant. Je ne veux pas finir comme tous ces pères américains qui, cachés derrière un buisson, tentent désespérément d’apercevoir leur bout de chou et finissent par se faire arrêter par la police. Ca me fait peur… Je ne sais plus quoi faire.

– Ary : Tu en as discuté avec ta femme et tes beaux parents ?

mère enfant japonais– Thomas : Bien sûr. Mais Ary, comme tu imagines, ma femme et sa mère m’ignorent complètement. Par contre, je peux parler plus facilement avec mon beau-père. A l’entendre, il a plus ou moins vécu la même chose à la naissance de sa fille. Les femmes de la maison ont commencé à le mépriser, à le mettre à l’écart et à ne plus l’écouter. Elles se contentent de lui réclamer son argent. C’est comme ça que ça se passe dans beaucoup de familles japonaises… Alors peut-être que ma femme n’a fait que reproduire le schéma familial dans lequel elle a grandi ?

Homme qui médite   Moi ce que j’aurais aimé, c’est m’inscrire dans une école pour étudier sérieusement le japonais, afin de pouvoir mieux communiquer avec mon fils, et de trouver un travail mieux payé et plus sécurisant. Pour ma femme, c’est hors de question. Ou alors, elle m’ordonne de quitter mon travail de guide, et de faire un baito, genre la vaisselle dans les restaurants… Naturellement, elle veut que je lui cède tout mon salaire, comme il est coutume de faire au Japon. Mais je ne suis pas Japonais, et je refuse de me contenter de « l’argent de poche hebdomadaire » qu’elle voudrait bien me donner. En plus, j’aime mon travail de guide, et ça marche bien. Je n’ai pas envie d’arrêter.

– Ary : La situation semble sans issue…

juge divorce– Thomas : Oui… Quelque soit mon choix, je devrai faire des sacrifices. Je suis tellement perdu que j’ai fini par tomber en dépression. Je reviens tout juste de France, où j’ai passé un mois avec ma famille, afin de retrouver un peu le moral et de réfléchir à la suite. Ce n’est pas beaucoup plus clair aujourd’hui. Et ma femme vient de me contacter pour un rendez-vous avec le juge, le mois prochain. On dirait bien cette situation va finir de la pire façon possible…

couple mixte2«  Dire qu’avant la naissance de mon fils, on parlait d’aller s’installer dans le sud de la France dans une dizaine d’année… On voulait acquérir une petite propriété, une petite ferme avec des chèvres, où l’on aurait proposé des services de chambre d’hôte. C’était notre rêve… Mais c’est loin tout ça, maintenant. Je suis content d’avoir mon travail pour penser à autre chose… Merci Ary de m’avoir écouté.


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Il existe beaucoup de pères étrangers dans le même cas que Thomas. Comme l’écrit le Président de « SOS Parents Japan » : « Des parents français sont aujourd’hui privés du droit de voir leur enfant car le droit japonais reconnaît très rarement le droit de visite. Pire, dans le cas d’un divorce demandé au Japon unilatéralement par le conjoint japonais (…) l’autorité parentale est accordée exclusivement à son profit, sans que le conjoint étranger puisse s’y opposer. » La récente signature de la Convention de la Haye n’a pas changé grand-chose à cette situation car elle ne protège que contre les « enlèvements parentaux » et n’est pas rétroactive. De plus, chaque année, de nouveaux cas viennent se rajouter à la liste…

Voir aussi : le site de SOS PARENTS JAPAN (http://sos-parents-japan.org/)

Homme Solitaire

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Les mystères du calendrier traditionnel _ou le monde à l’envers

calendrier saisonnier 2016C’est le printemps ! Bientôt la saison des sakura en fleurs, et des parcs envahis de Japonais ivres de bière. Sauf que le printemps, certains de mes élèves me l’annonçaient dès fin janvier ! Parce que oui, beaucoup de locaux se réfèrent encore à l’ancien calendrier traditionnel japonais. Utilisé jusqu’en 1873, ce dernier renferme bien des mystères et des superstitions.

day_6_by_l_gackpoid-d4mxwnr   Quand l’un de mes élèves, tout guilleret, m’affirme dès la fin janvier que c’est bientôt le printemps, mes antennes se tordent d’incrédulité. Comment ça ? Il fait 2° dehors, on prévoit de la neige pour ce week-end, mais c’est déjà le printemps ? Mon élève serait-il tombé sur la tête ? Aurait-il fêté le « ohanami » en avance et abusé de bière ?

Hanami   En réponse à mes protestations, M. Okamura m’a alors expliqué qu’il se référait à l’ancien calendrier lunaire. Celui-ci, inspiré du système chinois, était utilisé au Japon jusqu’en 1873 (soit la fin de l’ère Meiji) avant d’être supplanté par le calendrier grégorien (le nôtre). Malgré tout, l’ancienne version n’a jamais été totalement oubliée et survit encore de bien des manières !

   Par exemple, beaucoup de japonais (surtout les anciennes générations) continuent à l’utiliser pour définir les dates de chaque saison.. Selon eux, le printemps s’étale du 5 février au 6 mai ! (L’été : 7 mai-8 aout / L’automne : 8 aout-7 novembre / L’hiver : 8 novembre-4 février). Voilà donc qui explique l’enthousiasme de ce cher M. Okamura qui, telle l’hirondelle, voyait des bourgeons apparaître au plein cœur de l’hiver.

date de mariage   Encore plus intriguant : le système du « Rokuyô ». Il s’agit d’une sorte d‘horoscope divin servant à déterminer les jours fastes et ceux où il vaut mieux rester chez soi ! Puisque l’ancien calendrier lunaire fonctionnait sur 6 jours, il n’existe que 6 symboles. Ces derniers figurent sur la plupart des calendriers, agendas, ainsi qu’au bulletin météo. En pratique, les Japonais n’y accordent de l’importance qu’au moment de fixer la date d’événements importants : mariage, funérailles, signature d’un gros contrat, etc.

Ces symboles, les voici :

  • 先勝Senshô=> Sen = avant, début /shô = victoire. Autrement dit, « la victoire appartient à ceux qui agissent dès la matinée », l’après-midi étant moins chanceuse.

  • 友引Tomobiki=> Tomo = ami / Biki = tirer vers soi : C’est un jour plutôt faste, notamment dans les relations avec autrui. On y célèbre souvent des mariages. Par contre, on évite d’organiser des funérailles car on dit que les amis du défunt seraient aussi entraînés dans la tombe.

  • 先負Senbu=> Sen = avant, début/ bu = défaite. « Celui qui agit en premier connaîtra la défaite ». C’est donc un jour néfaste le matin, faste l’après-midi. On évite de traiter les affaires urgentes et de s’adonner au jeu ces jours-là.

  • 仏滅Butsumetsu=> Butsu = Bouddha/ Metsu = périr. C‘est un jour tellement mauvais que même Bouddha disparaît. On évite à tout prix d’y tenir des mariages.

  • 大安Taian=> Tai = grand/ an = sécurité. Le seul jour où la chance vous sourit du matin au soir  ! On en profite pour se marier, pour déménager, voyager et pour inaugurer son magasin.

  • 赤口Shakkô=> « L’heure du cheval » : Chanceux entre 11h et 13h (l’heure du cheval), malchanceux le reste de la journée.

calendrier evenements japonais   On peut aussi parler du découpage de chaque mois, et des noms particuliers qui leur sont attribués. Chacun correspond à une image liée à la nature, à une coutume ou à la religion Shinto :

Janvier=> Mutsuki ( 睦月 mois de l’affection, où les gens se rassemblent pour faire la fête).

Février => Kisaragi ou Kinusaragi (如月, le mois de la renaissance des plantes, et celui où l’on porte davantage de vêtements)

Mars => Yayoi (弥生, le mois où la nature foisonne et grandit)

Avril => Utzuki (卯月, le mois où les fleurs s’épanouissent)

Mai => Satsuki (皐月, le mois où l’on plante le riz)

Juin => Minatzuki ( 水無月 , le mois de l’eau, car c’est la saison des pluies)

Juillet => Fumizuki ou Fuzuki (文月, le mois où l’on écrit de la poésie et où le riz gonfle)

Aout => Hazuki ( 葉月, le mois des feuilles. Si, si, rappelez-vous : l’automne commence en août !)

Septembre => Nagazuki ( 長月, le mois où les nuits se rallongent.)

Octobre => Kannatzuki ( 神無月, le mois sans dieu, car selon la religion Shinto, toutes les divinités se rassemblent dans le temple de Izumo Taisha pour une grande réunion annuelle)

Novembre => Shimotsuki (霜月, le mois du givre)

Décembre => Shiwasu (師走, le mois où le « Maître de maison » doit courir, car il y a énormément de choses à faire avant de célébrer le passage à la nouvelle année ! Voir ici)


Hina     Et comme les Japonais ne font jamais rien comme tout le monde, ils utilisent (depuis 1872, début de l’ère Meiji) un système différent pour indiquer les années ! Celui-ci, appelé  « nengô,年号 », fonctionne par cycles correspondant aux périodes de règne des Empereurs japonais. A chaque nouvelle succession, on repart sur une année 0. Puisque ce système a cours dans tous les formulaires officiels administratifs, les expatriés n’ont pas d’autre choix que de s’y habituer.

Compter   Actuellement, nous sommes donc en 平成28 (28ème année de l’ère Heisei), le dernier jour du mois 弥生 Yayoi, placé sous le symbole 赤口 Shakkô (chanceux entre 11h et 13h) : parfait pour poster cet article, donc !

shortVous avez mal à la tête ? C’est normal. Mais tenez, pour vous achever, je peux ajouter que pour les Japonais, la semaine commence le dimanche (et pas le lundi). Aussi, quand vous parlez de « la semaine prochaine » à un Japonais, souvenez-vous qu’il y a toujours risque à confusion !

calendrier japonais

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Petit guide des bonnes manières au Japon

bonne maniere Kyoto

day_6_by_l_gackpoid-d4mxwnrC’est votre premier voyage au Japon ? Il serait donc utile de connaître deux ou trois règles de bonne conduite, afin d’éviter de choquer les locaux… Ary vous donne quelques bases pour vous aider !

Petits mots d’usage et de politesse

konnichiwa   Pour dire bonjour, le plus simple est de dire « Konnichiwa » qu’on peut utiliser à tout moment de la journée. Si vous être un pro des langues, vous pouvez toujours tenter « Ohayô Gozaimasu » le matin, et « Konbanwa » le soir.

   Pour dire merci, plutôt que de dire «Arigatô » (qu’on réserve aux amis et à la famille), préférez « dômo » (en insistant sur le ô) qui est bien plus poli et respectueux. Les courageux peuvent opter pour la formule complète : « arigatô gozaimasu », équivalent du « merci beaucoup ».

   Pour interpeller quelqu’un ou pour vous excuser, dites « sumimasen ».

A table – les baguettes

no-passing   Au Japon, les baguettes ne servent pas que pour manger : on les utilise aussi lors des cérémonies funéraires, après la crémation du corps. Les proches du défunt récupèrent les fragments d’os restants, qu’ils se font passer de baguettes en baguettes, jusqu’au dépôt dans l’urne. Ainsi, il est très mal vu se faire passer de la nourriture de cette façon, à la maison comme au restaurant.

planter ses baguettes2   De même, le lendemain de funérailles, on dépose un petit bol de riz devant l’autel du défunt dans lequel on plante une paire de baguette. Ce bol représente le dernier repas du mort, et la position des baguettes symbolise son passage dans l’au-delà. Aussi, quand on mange, le fait de planter ses baguettes dans le riz ou toute autre nourriture est tabou : éviter de le faire au restaurant ! Quand vous ne vous en servez pas, posez-les simplement à côté de votre assiette ou bol. Ne les plantez pas. Dans rien. Jamais.

Aussi, on ne lèche pas ses baguettes. C’est dégoûtant. Et on ne joue pas avec, bien sûr… Évitez de les agiter dans tous les sens. Un peu de tenue, que diable ! 😉 Pour des explications plus imagées, cliquez ICI.

A table – suite

   La petite serviette humide que nous apporte le serveur au restaurant ne sert qu’à se laver les mains, ou les lèvres à la rigueur. Mais pas le visage entier ! Ni le cou, ni les bras, ni ailleurs… Même si vous avez beaucoup transpiré, abstenez-vous !

itadakimasu gochisosama   Si vous voulez faire comme les Japonais, avant de commencer à manger, joignez vos mains en prière et dites « itadakimasu » (Je remercie la nature pour cette nourriture). Et quand vous avez terminé, refaites le même geste et dites « gochisôsama deshita » (c’était très bon, merci !)

Au Japon, on ne paie pas à sa table. Après manger, prenez simplement l’addition que le serveur est censé avoir déposé près de vous quand il a apporté vos plats. Cherchez bien, il a forcément placé un petit papier ou un bloc note quelque part ! Munissez-vous en, et allez payer à l’accueil du restaurant.

Pensez à toujours avoir suffisamment de liquide dans votre porte-monnaie. Au Japon, un grand nombre de commerces et restaurants n’acceptent pas la carte.

Dans la rue

no smoking 2   ATTENTION, il est interdit de fumer dans la rue ! Il y a des endroits réservés aux fumeurs (smoking corners) situés notamment près des gares ou combini (convenient stores). A noter que la cigarette est autorisée dans certains restaurants, cafés et izakaya (bars japonais).

   Ne mangez pas en marchant (personne ne le fait, c’est considéré comme grossier). Si vraiment vous n’avez pas le temps de trouver un endroit où vous asseoir (il n’y a quasiment pas de bancs dans les rues), il est acceptable de grignoter debout devant un combini (convenience store) ce que vous venez d’y acheter.

se moucher   Evitez de vous moucher, si vous pouvez. Ou faites-le dans un petit coin sombre… Ou aux toilettes. Ou quand personne ne regarde. Ou ne le faites pas du tout. Oui, c’est compliqué la vie au Japon !

Feu Rouge   IMPORTANT : respectez les feux de signalisation. Quand le bonhomme est rouge, ne traversez pas ! Les Japonais ne comprennent pas le non-respect de cette règle. Ils attendront le passage au vert, même sans voiture à l’horizon. C’est comme ça, c’est tout. Et oui, c’est frustrant ! Je suis d’accord.

Dans les transports publics

Avant de monter, faites la queue sagement devant l’emplacement des portes du métro/train. Ne doublez pas les gens qui attendent.

manger dans le métro   Evitez de manger dans les trains/bus/métros. Si vraiment vous n’avez pas d’autres solutions, choisissez des aliments qui ne sentent pas (ou le moins possible) et qui ne font pas de miettes ou d’éclaboussures. Une seule exception : le shinkansen (TGV japonais) dans lequel on peut manger sans complexe ! (évitez quand même le camembert…)

fl20090621x2a    Ne vous mouchez pas (mais vous avez le droit de renifler bruyamment et indéfiniment !), ne vous remaquillez pas, ne vous étalez pas trop sur les sièges.

   ATTENTION : ne croisez pas les jambes (ça peut faire trébucher les gens).

cellphone250   NE TELEPHONEZ PAS (et ne répondez pas si on vous appelle) mais vous pouvez bien sûr envoyer des messages écrits. Tâchez aussi de rester discrets et ne parlez/riez pas trop fort.

poignees de metro   Ne vous pendez pas comme un singe aux poignées suspendues, mais tenez-les d’une main et de façon civilisée. S’il vous plaît. C’est important, si vous ne voulez pas renforcer  davantage notre réputation de barbares primitifs…

   Les sièges de couleur différente, souvent situés aux extrémités du wagon, sont réservés aux personnes handicapées, enceintes ou accompagnées d’enfants en bas-âge. Ne vous y installez pas si vous ne faites pas partie de ces catégories (sauf si le wagon est presque vide, bien sûr).

52017c50aafe7b4e988b3f458b14f4d1-d4lsfoi1eec8524f90d1e8edf270ebc439ff8b0   Et si vous souhaitez attirer l’admiration de tout le wagon et rehausser la réputation des étrangers au Japon, cédez votre place aux personnes âgées ! Naturellement, celles-ci refuseront par politesse. N’en tenez pas compte, levez-vous avec un sourire, désignez la place avec votre main, puis éloignez-vous. Vous constaterez alors  des étincelles d’admiration dans les yeux des passagers, ainsi que des chuchotements élogieux. Relevez le buste, vous voilà devenu un héros !

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L’amour et l’amitié à la Japonaise

_et le concept du uchi/soto (内/外) et du honne/tatemae (本音/建て前)

baniereAvez-vous déjà noué des relations d’amitié (ou d’amour !) avec des japonais(es) ? Si oui, vous avez du rencontrer quelques moments d’incompréhension, et c’est bien normal. Les Japonais ne partagent pas la même conception des relations sociales que nous, et obéissent à certains codes de conduite obscurs… Mais pas de panique, voici quelques clefs de compréhension !

shimaConnaissez-vous le concept du « uchi, » et du « soto, » ? Le premier désigne l’intérieur, le foyer, le cercle privé. Le second renvoie au milieu extérieur, à l’inconnu. Ces deux notions, profondément ancrées dans la culture japonaise, sont indispensables pour comprendre les codes sociaux du pays. Il faut garder en tête que le Japon est une île, et que ses habitants sont profondément conscients de ce bout de mer qui les sépare de l’extérieur. Pour eux, il y a donc le Japon (familier et rassurant), et puis le reste du monde (lointaint et méconnu, mi-attirant, mi-inquiétant).

nomikai2   Cette notion du dehors/dedans s’étend aux relations sociales : la plupart des Japonais se créent et s’enferment dans des « cercles privés » (la famille proche, les amis d’enfance, les membres d’un club sportif…) desquels ils ont du mal à s’éloigner. Quand ils sortent pour s’amuser, c’est toujours avec les mêmes personnes : beuveries entre collègues, réunions d’anciens camarades de classe, etc. Ce sont des gens avec qui ils partagent les mêmes souvenirs ou expériences de vie.

sport uchi   Ces groupes sont rassurants car on peut s’y comporter naturellement, sans faux-semblant ni politesse forcée. On peut y montrer son « honne, 本音» (sa vrai personnalité) et laisser au placard son « tatemae 建前» (personnalité de façade, celle qu’on adopte en société, toujours aimable et souriante). Chaque cercle est comme une bulle de connaissances communes, un cocon fragile, un espace de libre expression comme il en existe peu au Japon. De fait, toute personne extérieure invitée par un membre du groupe est souvent perçue comme un intrus car elle perturbe cette atmosphère de familiarité. Beaucoup d’efforts et de patience sont donc nécessaires à un nouveau-venu pour réussir à se faire accepter malgré tout.

honne tatemae

HONNE versus TATEMAE : 1. « Pardon, pardon ! » (Fait chieeeer) / 2. « Je pense que c’est bien ! » (pfff, c’est n’importe quoi…) / 3. « Ooh, j’ai jamais vu une chose pareille ! » (Tu te satisfais de si peu ?) / 4. « Je ne suis pas en colère, voyons » (Je bous de rage) / Ne t’en fais pas ! (en fait si, tu devrais t’en faire).

   S’il est difficile pour un Japonais d’intégrer un cercle d’amis déjà formé, imaginez un peu la galère pour un occidental débarquant au pays ! La différence de culture, de langue, et l’incertitude concernant la durée de son séjour ne jouent pas en sa faveur…

conversation   Pour un étranger, il est plus aisé de se rapprocher d’un(e) japonais(e) isolé à condition de s’armer de beauuuuuucoup de patience et de procéder par étapes. Si en Europe/Amérique, on peut devenir super potes en quelques jours (mais s’éloigner tout aussi rapidement), ce n’est pas le cas ici. Les premiers échanges resteront superficiels et votre interlocuteur sera sans doute réticent à parler de sa vie privée ou de certains sujets délicats (à noter que les Japonais n’aiment pas trop les débats, qu’ils assimilent à des conflits d’opinion. Ils chercheront toujours à se ranger du côté de leur interlocuteur plutôt que d’oser exprimer un avis contraire).

conv  Puis à force de rencontres, une relation de confiance et de complicité va s’installer. Avant d’y parvenir, plusieurs mois (ou années) sont parfois nécessaires ! Par contre, une fois la relation devenue plus solide, elle se transforme en amitié précieuse et durable. Au Japon, on entretient avec soin les liens créés avec les autres, quelque soit la durée qui s’écoule entre deux rencontres. C’est pareil en amour : patience et persévérance sont les maîtres mots… Et dans le cas d’une relation mixte, beaucoup de communication, de concessions, d’efforts et d’indulgence.

couple2   Dans le cas des couples purement japonais, les liens ont aussi tendance à être plus solides qu’en Occident. Les relations sérieuses résistent mieux à l’épreuve du temps, et le taux de divorce est beaucoup plus faible (même s’il existe d’autres raisons moins positives à ce phénomène…). Revers de la médaille, il est beaucoup plus difficile de trouver un partenaire de vie au Japon !

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Un  « omiai »  (version moderne des mariages arrangés) avec les deux partenaires et un intermédiaire.

   La plupart du temps, les rencontres amoureuses se font à l’école/université ou au travail, ou via des « gokon » (rencontres artificielles entre 2 groupes de filles et garçons). L’exercice devient plus périlleux lorsqu’on ne trouve pas chaussure à son pied au sein de ses cercles de connaissances. Rencontrer des gens nouveaux est un vrai défi au Japon ! Dans ce but, certains tentent de s’inscrire à des activités de loisirs afin d’intégrer un nouveau cercle. D’autres cèdent à l’appel des agences matrimoniales dont les annonces tapissent les vitres du métro. D’autres encore ont recours à des « omiai » (sortes de « mises en contact » agencées par les parents/patrons/collègues entre plusieurs candidats au mariage). En tout cas, on n’organise jamais de fête à l’Occidentale où l’on s’invite chez un ami d’ami, en ramenant ses propres potes au passage : ce brassage d’inconnus est juste impensable au Japon… « Ca ne se fait pas », c’est tout.

 Mariage2  C’est sans doute cette difficulté à rencontrer des gens extérieurs qui pousse les Japonais à s’accrocher lorsqu’ils trouvent un partenaire à leur convenance. « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » ! Sans parler du fait que le mariage représente une étape quasi-indispensable pour la majorité des Japonais. Il permet d’accéder à un certain statut et donne un gage de respectabilité. C’est aussi une condition non-négociable pour envisager d’avoir des enfants. On assiste donc à une course à la bague, avec des Japonais plus conciliants et moins prompt à la rupture que nous autres, qui pensons souvent pouvoir trouver mieux ailleurs !

groupe de japonaises   On peut ajouter qu’au Japon, filles et garçons se mélangent rarement. On sort entre filles, ou entre mecs, ce qui n’aide pas à connaître le caractère de l’autre sexe, ni à l’approcher, ni à vivre avec par la suite. D’autre part, dans un couple, on ne rencontre quasiment jamais les amis de son partenaire : chacun sort avec sa propre bande, on ne se mélange pas, et les moutons seront bien gardés…

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­Pilosité et fluides corporels (bon appétit !)

­hygiène des japonaisAujoud’hui, pour votre plus grand plaisir, nous allons parler… de poils ! De transpiration, et autres joyeusetés peu ragoutantes. Quelles différences entre Occidentaux et Japonais ? Tendez bien l’oreille, petits curieux. Ary va tout vous expliquer…

poils   Dites-moi, amis lecteurs, pourquoi la pilosité et la transpiration des Japonais vous passionnent-elles à ce point? Chaque jour, la plupart des recherches menant à ce blog ne concernent que ces deux sujets. J’ai déjà abordé (brièvement) la question ICI, mais face à ce déluge de requêtes, j’ai décidé de leur consacrer un article entier afin de satisfaire votre curiosité !

Les POILS des Japonais

asicheki   Commençons par une petite vérité qui fait mal : oui, les asiatiques sont beaucoup moins poilus que nous autres (mais ça, vous le saviez déjà, non ? ) C’est surtout vrai pour les hommes : citez-moi un seul asiatique à la barbe bien fournie et je vous tire mon chapeau ! Génétiquement parlant, le corps humain s’est adapté à l’environnement dans lequel il vit, d’où certaines divergences en fonction la géographie.

   Bon après, il existe quand même des exceptions. A plusieurs reprises, j’ai pu observer des mollets, mains et avant-bras de mâles japonais bien parés pour l’hiver, et qui n’avaient rien à envier à leurs comparses méditerranéens. De belles moquettes brunes plus ou moins soyeuses ! Toutefois, les dos, torses et visages velus sont vraiment rares. Et pour le reste, je vous invite à venir vérifier par vous-même (hum. Oui, j’ai beau être une fourmi, ça ne me donne pas forcément le droit de m’infiltrer partout… Si vous voyez ce que je veux dire).

Fotolia_53047193_XS-min   Côté femmes, la différence est moins flagrante, sauf qu’elles trichent… En effet, dès le collège/lycée, la grande majorité recourt à l‘épilation au laser ou à la lumière pulsée pour faire disparaître à vie tous leurs méchants poils. Ces techniques étant plus efficaces sur des poils foncés, elles sont devenues très populaires au Japon, et globalement moins onéreuses qu’en Europe. A noter qu’ici, les avant-bras poilus sont considérés aussi disgracieux que les aisselles non épilées. JAMAIS vous ne verrez de japonaise aux bras duvetés. La norme est à la peau de pêche délicate, aussi pure et juvénile que celle d’un nouveau-né. Les poils, marque de virilité s’il en est, peuvent donc aller brûler en enfer !

Les cheveux

   Pour rester fair-play, la nature n’a doté les asiatiques que de crinières monochromes. Le spectre de leur chevelure se limite donc au noir-brun foncé. Lisse, raide et épaisse, leur texture n’est pas très variée non plus (parfois, on rencontre quelques japonais bouclés, mais ce n’est pas très commun).

photo-how-to-get-rid-of-filler-words-696x464Avec ce type de cheveux, il devient apparemment nécessaire de les laver tous les jours. Peut-être ont-ils tendance à graisser plus rapidement ? (cette théorie reste à prouver) Quoiqu’il en soit, le shampoing fait ici partie du rituel quotidien. Allez dire à un(e) japonais(e) qu’en Occident, « on ne se lave les cheveux que tous les deux ou trois jours sinon ça les abîme » et vous aurez droit à des regards épouvantés ! Vous confirmerez ainsi la rumeur prétendant que les Français n’aiment pas se laver…

Transpiration et cire d’oreille

pas de transpiration   La génétique, décidément coupable de favoritisme, a choisi d’accorder aux Asiatiques du Nord-est (Japonais, Chinois et Coréens…) une transpiration peu abondante et de type inodore. Tout dépend d’une simple variation au niveau de l’ADN. Détail amusant : un pourcentage infime d’Occidentaux serait aussi concerné. Et pour vérifier si vous possédez cette particularité génétique, il suffit d’analyser la texture de votre cérumen !

   Si ce dernier est plutôt humide, vous faites partie de la majorité des Occidentaux (transpiration odorante et plus ou moins abondante selon les individus). Si au contraire il est de type « sec », vous êtes chanceux ! Comme la plupart des Japonais, vous n’avez même pas besoin d’utiliser de déodorant. D’ailleurs, si vous avez déjà séjourné au Japon, vous avez peut-être constaté l’inefficacité déplorable de leurs déodorants, ainsi que l’inexistence totale d’anti-transpirant. Pauvres expatriés incompris…

   3505Autre vérité difficile à entendre : puisqu’ils dégagent beaucoup moins d’odeurs que leurs cousins d’Occident, les Japonais ont également un odorat plus sensible. Ainsi, ils seront plus facilement incommodés par les odeurs corporelles (bonnes ou mauvaises) d’autrui. C’est pourquoi ils n’utilisent jamais de parfum : plutôt que de risquer d’indisposer leur entourage, ils préfèrent encore ne rien sentir (même si certains se laissent parfois tenter par des eaux de toilette légère).

Le liquide nasal (la morve, quoi)

se moucherRassurez-vous : les Japonais ne sont pas différents sur ce point. Ce qui peut surprendre, c’est le tabou culturel concernant l’hygiène du nez : comme vous le savez peut-être, se moucher en public au Japon est extrêmement impoli. Les Japonais sont focalisés sur le fait qu’en se mouchant, on éjecte un liquide plein de viles bactéries, ce qui enfreint toutes les règles d’hygiène élémentaire _imaginez, ces mêmes bactéries pourraient vous sauter à la figure et vous contaminer !

   Par contre, tant que vos microbes restent à l’intérieur de vous, pas de problème. Les reniflages intempestifs sont tout à fait communs, même les plus ignobles (vous savez bien, ceux qui semblent faire remonter la morve jusque dans les sinus, et donnent l’impression d’imiter le bruit du cochon… Yeurk. ) Aussi, on peut parfois observer de jolies japonaises, tout à fait adorables, se mettre à renifler comme des vieux sales, tout ça par politesse vis à vis de leurs voisins de métro (ou de restaurant) et par respect des bonnes manières. Autant vous dire que c’est parfois… perturbant.

japonaise qui se mouche

Oups ! Je reviens,  je vais me repoudrer le nez aux toilettes… Et voilà ! *cling cling*

   Le tabou va si loin que beaucoup de jeunes japonaises n’osent pas se moucher en présence de leur copain. Souvent, elles prétextent un besoin pressant et se rendent aux toilettes pour sortir leur mouchoir de l’enfer. Elles se nettoient donc le nez en cachette, puis réapparaissent comme si de rien n’était…


52017c50aafe7b4e988b3f458b14f4d1-d4lsfoi   Et si vous voulez vraiment faire votre « gaijin »(malotru de type occidental), rien de mieux pour choquer un japonais que se moucher devant lui, puis de glisser son mouchoir souillé dans sa poche ou dans son sac (pour le réutiliser plus tard). Ceci dit, c’est une façon comme une autre de se faire un peu d’espace dans le métro, à l’heure de pointe !

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L’art de ne rien faire – bootto suru

banniereAvez-vous déjà demandé à un japonais quels étaient ses loisirs ? Essayez, vous risqueriez d’être surpris. En effet, la plupart répondent toujours la même chose : « dormir » ou « ne rien faire ! Juste regarder le paysage et laisser le temps passer »…

bootto_suru6   La dernière personne à qui j’ai posé cette question s’appelle Minami, une Japonaise de Kyoto. A 26 ans, Minami vit encore chez ses parents _ce qui n’a rien d’anormal_ et n’a plus d’emploi depuis mai dernier. Néanmoins, elle vient de trouver un nouveau travail qu’elle commencera le mois prochain. On peut en déduire qu’entre les allocations chômage, le fait qu’elle ne paie pas de loyer et qu’elle ait déjà retrouvé un job, elle dispose de suffisamment de temps et d’argent pour se faire plaisir… Et pourtant non, elle n’en profite pas ! En tout cas, pas au sens où on l’entend par chez nous.

Ary : – Minami, qu’est-ce que tu fais pendant ton temps libre ? 

shortMinami : – Je dors…

Ary : – Vraiment ?? Mais la nuit alors… Tu dors aussi ?

Minami : – Oui ! J’adore rester au lit.

Ary : – Mais… Quand tu es dans ton lit sans dormir, qu’est-ce que tu fais ? Tu écoutes de la musique ? Tu regardes des films ?

Minami : – Ah, non… Je ne fais rien du tout. Parfois, je regarde le paysage. Je laisse le temps passer. Je divague…Quand j’étais enfant, je faisais du ping-pong et du badminton. A présent, je ne fais rien de spécial. Mais tu sais Ary, c’est comme ça pour beaucoup de japonais.


Je sais que Minami a raison. Parmi les amis, élèves ou connaissances à qui j’ai posé la même question, seuls 20 à 30 % me parlent de « vrais loisirs ou passions » (la danse, la lecture, l’art, la musique, l’escalade…) Le reste me répond toujours « dormir » ou « ne rien faire ». D’autres, assez nombreux, me disent aussi : « J’adore faire du shopping », « J’aime boire de l’alcool » ou encore « Mon loisir, c’est conduire… » (ce qui me laisse assez perplexe, en bootto_suru maladegénéral).

   Je me souviens aussi de cette lycéenne de 17 ans ayant passé toutes ses vacances d’hiver au lit, avec la grippe… A son retour, je lui ai demandé : « ça va, ce n’était pas trop pénible » ? Elle a répondu : «  Ah non, c’était bien cool ! Car j’ai pu passer une semaine entière à ne rien faire du tout. »

ecureuil    Et vous, ça ne vous choque pas ? Pourriez-vous aussi passer des heures entières sur un canapé, à fixer béatement le bout de vos orteils ? Et attention, on ne parle pas de regarder des vidéos sur le net, de se faire les ongles, ou de jouer avec son portable… Non, il s’agit bien ici du NEANT TOTAL. Du RIEN DU TOUT. Et c’est ça qui est incroyable… Peut-être que je me trompe (si c’est le cas, dites-le moi ! ) mais il me semble que les Occidentaux ont plutôt tendance à être sur-consommateurs de loisirs et de culture (livres, séries, jeux vidéos…) qu’à somnoler pendant tout leur temps libre.

bootto_suru3     Il existe un mot japonais pour désigner ce phénomène : “ボーっとする, bootto suru » qu’on pourrait traduire par « être dans la lune » ou « laisser les mouches voler ». Il serait tentant d’expliquer cette attitude par les horaires de travail inhumains des Japonais et le stress qui en découle. Au début, c’est aussi ce que je croyais : qu’ils revenaient du boulot tellement épuisés qu’ils n’avaient plus l’énergie (ni l’envie) de faire quoique soit… Pourtant, comme le prouve le témoignage de Minami, le manque de temps et d’énergie ne peuvent servir de justification. Le manque d’argent non plus d’ailleurs.

bootto_suru     C’est à ce moment que j’ai réalisé qu’il s’agissait sans doute d’une différence culturelle. Une différence fondamentale. Peut-être qu’on ne peut juste pas comprendre ? Seulement l’accepter, en se disant qu’on n’a pas reçu la même éducation, les mêmes valeurs, etc. En Europe, on apprend très vite le sens des mots « CARPE DIEM », profite de chaque journée car la vie est courte. Au Japon, il semble qu’on ne réfléchisse pas de cette façon, comme me l’a confirmé Minami.

dormir dans le métro au Japon     Ainsi, tout s’explique  : cette capacité inouïe des Japonais à s’endormir d’un claquement de doigts dans les transports. Leur patience infinie face aux feux rouges (qui durent toujours des heeeeeeeeeeeeuures au Japon) ou dans les files d’attente. Cette aptitude merveilleuse à mettre leur cerveau sur off, et à se laisser flotter… à laisser le temps s’écouler tout autour en se détachant du monde.

52017c50aafe7b4e988b3f458b14f4d1-d4lsfoi  Si vous êtes curieux, essayez donc de copier-coller « ボーっとする » dans Google Image (ou de cliquer sur ce lien…) Vous pourrez ainsi vous rendre compte de l’ampleur de phénomène…

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L’Abura-tori-gami, ou « papier anti-graisse » !

aburatori banière   Mais qu’est-ce que ce truc ? Ca vous intrigue, n’est-ce pas ? Ca ressemble à du bon vieux papier buvard. Ou du papier craft pour emballer les cadeaux. Ou encore, à du papier d’Arménie qu’on brûle comme de l’encens. Mais non, rien à voir ! Un indice : les femmes s’en servent en été et le rangent dans leur trousse à maquillage…

En japonais, le mot « Abura, 油 » désigne tout ce qui huileux ou graisseux. Ce peut être de l’huile de cuisson, du beurre, du gras de viande… ou la graisse du corps humain, externe ou interne. La graisse « interne », c’est celle qui se loge dans vos poignées d’amour. Et la graisse externe alors ? Vous savez, en été, quand la chaleur fait fondre votre crème de jour (ou votre fond de teint) et fait reluire votre peau comme un sou neuf ? Eh bien, c’est de cette pellicule de « gras » qu’on va parler ici.

aburatori 4   Le mot « tori » vient de « toru, 取る, prendre, retirer, enlever » et « gami, 紙 » signifie  « papier ». Ainsi, ces petites feuilles brunes servent tout simplement… à « retirer le gras de visage » ! Oui, ça peut paraître un peu étrange, dit comme ça. Pourtant, dans un pays où se maquiller en public est aussi grossier que de cracher par terre, l’Abura-tori-gami fait compromis.

   En effet, dans les transports ou dans la rue, s’il est mal vu de se repoudrer le nez, ça ne pose apparemment aucun problème de « s’éponger le gras du visage avec du papier ».

J’ai découvert ce drôle de phénomène pendant une leçon de français, en plein été. Une de mes élèves régulières, très coquette malgré ses soixante et quelques années, a sorti un jour l’un de ces petits carnets d’où elle a arraché une feuille toute fine. Puis elle s’est mise, sans complexe, à se tamponner le visage avec, sans jamais cesser de parler. Une fois son nettoyage terminé, on voyait clairement la différence…

différentes versions aburatori   Un peu plus tard, une autre élève m’en a offert un échantillon à son retour de voyage (le premier à gauche de la série ci-dessus). Apparemment, l’Abura-tori-gami peut tout à fait s’offrir comme « souvenir de vacances » pendant la saison chaude. Dans ce cas, l’abri cartonné contenant les feuilles présente un design raffiné, mignon ou traditionnel. Il en existe aussi sous forme de petits cocons de soie, creux, qu’on enfile au bout des doigts.

Mon élève en a aussi profité pour m’expliquer le pourquoi du comment. On peut donc dire qu’il s’agit de papier cosmétique, ou coquetterie féminine servant à contourner l’un des nombreux tabous sociétaires du Japon.

Voilà voilà, je vous laisse juger !

aburatori man

Version d’Abura-tori pour hommes ayant quelque chose à prouver…

aburatori géant

Version  XXXL d’Abura-tori-gami, pour les femmes à transpiration abondante (non, je rigole…)

aburatori soie

De l’Abura-tori sous forme de cocon de soie, à enfiler au bout des doigts.

Ary la fourmi

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Règle n°1 : ne jamais contredire le client

staff combini 4Au Japon, le client n’est pas seulement Roi. Il est sacré, quasiment l’égal de Dieu. Quelle que soit sa requête, il est interdit de lui répondre par la négative. S’il profère une énorme bêtise, il ne faut pas le contredire. Cette maxime donne parfois lieu à des échanges complètement absurdes, comme le prouvent les témoignages ci-dessous !

client agacé   Si l’on ajoute le préfixe honorifique « o » et le suffixe divin « sama » au mot « client », (o-kyaku-sama, お客様, « ôô-client-Dieu ! ») ce n’est pas seulement pour faire joli. Au Japon, la clientèle est placée sur un piédestal, à l’inverse des vendeurs devant se plier à leur moindre caprice.

Si on peut facilement imaginer le stress permanent pesant sur les employés, on peut aussi noter (à la décharge du client) l’agacement ressenti face à tant de rigidité, de manque de chaleur humaine et de faux-semblants. Quant à cette règle absolue interdisant de contredire le client, elle entraine parfois des échanges tellement grotesques que j’ai eu envie d’en partager certains avec vous !


cafe jeux

« Dans un café ludique »

 

 

A Kyoto, je fréquente de temps à autres un « café-jeux-de-société » dont le proprio (américain, super sympa), vient de se marier avec une adorable japonaise. jeu de societe cafe japonPour faire connaissance, cette dernière est venue se rajouter à notre partie en cours (un jeu de plateau à base de chats et de souris…) Le jeu démarre, et les souris avancent lentement sur les cases, suivies de près par le chat gourmand. Pas de chance, tous mes rongeurs se font croquer assez vite… Mais par réflexe, quand vient mon tour de jeu, je récupère les dés et m’apprête à les lancer.

– Ah oui c’est vrai… Je suis éliminée. Et ma dernière souris est en cage. Bon…

   C’est à ce moment que la douce et tendre du proprio, constatant mon air dépité, me regarde et me dit :

– Mais tu sais, tu peux quand même lancer les dés !

Perplexe, je la regarde sans comprendre. Puis, pensant qu’elle fait référence à quelque règle obscure, je demande naïvement :

viva topo 3– Vraiment ? Je peux encore jouer ?

– Bien sûr, tu peux lancer les dés. Vas-y, je t’en prie !

– Mais heu… J’ai perdu, non ? Donc ça ne sert à rien…

  La japonaise me sourit, un peu gênée. En effet, ça ne servirait à rien. Mais oui, je peux les lancer. Pour m’amuser. Pour le fun, quoi.

– Heu… Non, c’est bon. Ca ira…

   Je passe les dés à ma voisine, vexée. Est-ce qu’elle se fiche de moi ? Ou alors, c’était pour tenter d’adoucir ma déception d’avoir perdu ? Je ne sais pas trop. Sur le coup, je l’ai assez mal pris. Et puis j’ai réfléchi. Je me suis dit que, en tant qu’épouse du proprio, elle s’imaginait peut-être devoir « brosser le client dans le sens du poil ». Sauf qu’à trop vouloir brosser, on obtient parfois le résultat inverse…


esthé«  Chez l’esthéticienne »

Alors oui, j’ai beau être une fourmi, il m’arrive parfois de pousser la porte d’un salon de beauté. Bref. Il n’empêche que, découragées par la barrière de la langue, les employées évitent en général de me faire la conversation. Pourtant ce jour là, je tombe sur une bavarde. Surprise, je réponds en japonais du mieux que je peux, jusqu’à ce qu’elle aborde le sujet de la cuisine…

– Les plats français sont assez caloriques, n’est-ce pas ? Et par rapport aux quantités, c’est pareil qu’en Amérique ?

– Ah non, pas vraiment… Mais vous savez, je pense que les français accordent beaucoup plus d’importante à la « qualité » qu’à la quantité de nourriture.

esthéticienne japon   L’employée reste silencieuse quelques secondes, puis me répond :

– Oui, je comprends. C’est vrai que c’est important de bien dormir. Moi aussi, j’aime dormir ! Aha…

Cette fois, c’est moi qui marque un blanc. Dormir ?? Mais de quoi parle-t-elle ? Et c’est là que je réalise mon erreur : j’ai utilisé le mot « Shinshitsu, 寝室, chambre à coucher » (au lieu de « Hinshitsu, 品質, qualité » dont je n’arrivais pas à me souvenir) Morte de honte, je me rends compte que cette faute de japonais peut aussi mener à des interprétations plus ou moins salaces…

– Ah non, pardon ! Je voulais dire… « quality ».

– « Quality » ?

short   L’employée ne comprend pas l’anglais. Echec. Je m’empresse de changer de conversation, mais ne peux m’empêcher de me sentir mal à l’aise. Je comprends soudain à quel point cet échange était superficiel. L’esthéticienne n’a pas osé me dire qu’elle n’avait pas compris par peur de me froisser. Au lieu de ça, elle a préféré approuver mes âneries. Au fond, peu importe de n’y rien comprendre. L’essentiel, c’est de s’assurer que le « client-Dieu » passe un moment agréable, même si cela implique de le laisser raconter des énormités. Hélas, dans mon cas, je me suis surtout sentie très bête…


client combini«  Au combini »

Le soir, en rentrant du travail, je passe souvent au combini (convenient store) pour acheter un yaourt/flan ou autre dessert à la cuillère. Et chaque fois, l’employé s’empresse de me le glisser dans un mini-sac-totalement-inutile et d’ajouter une petite-cuillère-ridicule-en-plastique. Évidemment, la première chose que je fais en rentrant chez moi, c’est de jeter l’emballage et la cuillère à la poubelle, non sans une petite pensée compatissante pour l’environnement.

  Et puis un jour, j’ai osé refuser. Une mico-seconde avant que le caissier ne plonge la main dans son réservoir à pseudo-cuillères, je lève la paume de ma main (en guise de stop) et lui dis gentiment « spoon wa iranai desu, スプーンは要らないです » (Je n’ai pas besoin de cuillère, merci).

combini   Il lève la tête, et me regarde bouche-bée. Il cligne des yeux puis s’incline devant moi : « Ooooh, sumimaseeen ! » (Pardon pardon…) « Shitsurei shimashita ! Hontôni sumimasen… »

(Je suis vraiment navré de vous avoir offensé/dérangé, pardonnez-moi ). Tout paniqué, il finit de me rendre la monnaie, s’incline une nouvelle fois pour s’excuser et me tend le sac, après s’être attiré au passage l’attention de toute l’échoppe.

cuillère combini   Perplexe, je prends mon dû et me dirige d’un pas rapide vers la porte, tout en me promettant de ne plus jamais refuser leur satanée cuillère. S’ils se mettent dans un état pareil à chaque fois, je préfère encore entamer une collection de couverts en plastique…


day_6_by_l_gackpoid-d4mxwnrPour finir, j’aimerais ajouter que malgré mes critiques, j’admire sincèrement le zèle des employés japonais et apprécie leur sens du service (même s’il est vrai que le naturel à la française me manque parfois un peu). Et puis il faut bien avouer que sans eux, je n’aurais pas autant d’histoires à raconter 🙂

Sur ce, je vous souhaite un bon réveillon, et un excellente année 2016 à tous !

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La folle coutume du O-Seibo (ou l’enfer des femmes de médecin japonais)

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Au Japon, comme on ne fait jamais rien comme tout le monde, on ne fête pas vraiment Noël. A la place, il existe l’« O-Seibo », une coutume consistant notamment à offrir un cadeau à ses supérieurs ou… à son docteur ! Témoignage d’une femme de médecin que cette tradition aux allures de marathon fait suer chaque année.

miyako385_1511301   Une de mes élèves _que nous appellerons Misako_ m’a récemment confié le calvaire qu’elle vivait chaque mois de décembre quand revient la saison du O-Seibo. Petite femme d’une cinquantaine d’années, Misako est toujours habillée très chic, sac Vuitton à l’épaule, petits talons, cheveux noirs lustrés et permanentés. C’est aussi et surtout l’épouse d’un médecin réputé possédant sa propre clinique. Elle est très fière du statut que cela lui confère, mais doit aussi faire face à un certain nombre de responsabilités associées.

L’une d’elles concerne justement cette coutume hivernale du « O-Seibo » (お歳暮). Alors c’est quoi exactement, l’O-Seibo ?

15868497460_7d31030ca5_o– Misako : C’est une vieille habitude japonaise destinée à remercier ses supérieurs, ou toute personne nous ayant rendu service au cours de l’année. On adresse en général les cadeaux de « O-Seibo » à ses patrons, professeurs, à sa belle-famille ou encore à son médecin _surtout si on a une maladie chronique ! Hélas, même si c’est une belle tradition, les jeunes générations la délaissent de plus en plus.

ib002_main– Ary : Si c’est une belle tradition, pourquoi cette coutume te fait tant suer ?

– Misako : Tu sais Ary, ce n’est pas facile d’être la femme d’un médecin au mois de décembre ! Tu ne peux même pas imaginer la quantité de cadeaux que l’on reçoit de la part des patients dès le 1er du mois, et pendant une vingtaine de jours. Alors oui, c’est bien, mais on ne sait jamais où stocker tout ça ! Et chaque fois, c’est moi qui dois me charger de rédiger les lettres de remerciement qu’il faut envoyer très vite après la réception de chaque cadeau. Ca me prend un temps fou !

57294793_624– Ary : Ca ne ressemble pas un peu à des pots de vin, d’offrir des cadeaux à son médecin ? Si on ne lui offre rien, il nous soigne mal ?

– Misako : Ah non, pas du tout ! On n’attend rien en échange. C’est un simple témoignage de sa reconnaissance. Et aussi, une sorte d’excuse ou de compensation pour les efforts déployés par le médecin pour nous soigner. Mais ce n’est pas obligatoire et ça ne change rien. A part témoigner sa gratitude et son désir de conserver de bonnes relations à l’avenir. Avant, j’avais l’habitude d’offrir des cadeaux de O-Seibo à ma belle-famille. Mais comme ils sont quasiment tous médecins, ils en reçoivent TELLEMENT chaque année que les miens passaient inaperçus… Alors j’ai arrêté.

Depachika– Ary : Quel est la valeur de ces cadeaux ?

Misako : Actuellement, on considère qu’un cadeau de O-Seibo doit coûter 5000 yen ou plus (environ 38 euros). Autrefois, c’était 3000 yen (environ 23 euros). Ce ne peut pas être 4000yen, car il faut que le chiffre soit impair ! En effet, s’il est divisible par deux, cela symbolise la cassure ou la rupture d’une relation, et donc ça porte malheur… C’est la même chose pour l’argent qu’on offre pour les mariages : jamais de chiffres pairs.

iroironahamu– Ary : Quel genre de cadeaux ton mari reçoit-il ?

Il s’agit souvent de nourriture : des fruits, de la viande, du thé, de l’alcool ou autre… Mais le problème, c’est qu’il existe des « tendances ». L’année dernière par exemple, la mode était au jambon, car on imaginait qu’il était possible de l’utiliser de multiples façons en cuisine. On nous a alors fait livrer des toooooonnes et des tonnes de jambon de qualité supérieure. Des MONTAGNES de jambon en bloc ! L’ennui, c’est que ça se périme assez vite, et qu’on en a reçu tellement que ça ne tenait pas dans le réfrigérateur. Alors on a du en conserver à l’extérieur de la maison, dans le froid de décembre…

Salon_de_l'agriculture_2011_-_savons_parfumés_-_03– Ary : Quelle était la tendance, les autres années ?

– Misako : Il y a quelques temps il y a eu la mode des savons. On a donc reçu un nombre incalculable de paquets de savons parfumés, bio, importés, etc. Mais au moins, il n’y avait pas de date de péremption. On a donc reçu de quoi rester propres et parfumés pour 1 ou 2 ans ! (*rire*)

11604038264_75dd995c5e_k » Hélas, les savons ont été remplacés par la mode des pommes l’année suivante… Et ça, c’était un vrai cauchemar. On en a reçu par cageots de 20 ou 30, car la valeur du présent doit atteindre au moins 5000yen. Tu imagines, Ary ? Des dizaines et des dizaines de cageots, c’est beaucoup trop ! On croulait sous les pommes, et j’ai du préparer du jus ou de la compote tous les matins jusqu’à janvier pour écouler tout le stock. Éplucher, épépiner, mixer des fruits à chaque réveil… J’en avais par-dessus la tête !

– Ary : J’en déduis que décembre n’est pas très drôle pour les femmes de médecin…

– Misako : Tu as tout compris, Ary. On utilise d’ailleurs l’expression « Shiwasu » (師走), tu connais ? 師 signifie « le Maître » et 走 veut dire « courir ». On dit ainsi que même le Maître de maison (dont la vie est paisible en général) doit courir partout en décembre, tellement il y a de choses à faire ! Ce mois-ci, après avoir terminé de rédiger les lettres de remerciement, il faudra que je fasse le grand ménage de fin d’année… Que j’achète les cadeaux de O-seibo pour les collègues médecins de mon mari… Que je rédige des dizaines de cartes de Nouvel-an… Puis il y aura les préparatifs du Réveillon… Ah, décidément, vivement le mois de Janvier !

shiwasu

 

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Quelques perles du blog !

Nuage de mots clésVoilà maintenant 1 an que je suis installée à Kyoto, et bientôt 3 ans que je tiens ce blog. Pour fêter ça, j’aimerais partager avec vous ces quelques perles dénichées dans les termes de recherche du site ! Qu’écrivent les internautes dans Google, avant d’atterrir ici ? Vous n’avez pas idée…Ant_by_munjey86

En observant les statistiques du blog, il m’arrive de tomber sur des termes de recherche quelques peu… étranges.

epilationEn tout cas, ce qui semble intriguer le plus les internautes concerne…. L’hygiène des japonais. Et surtout, les POILS ! Environ 50 % des termes de recherches comportent ce mot.

Je vous place ici les plus loufoques (je laisse bien sûr toutes les fautes d’orthographe, sinon c’est pas drôle…) :

« épilation japonaise de vampire »   // « pourquoi les japonaises ne se rasent pas »  // « pourquoi les asiatiques ne s’épilent pas »       //    « les japonaises se rasent-elles ? »     //  « les japonais ont ils des poils »(<========== Ce grand mystère…)

« comment les hommes japonais font pour ne pas avoir de poil »       // « poils japon »   //           « les japonais n’ont pas de poils »   //    « asiatique a poil masculin »     //               « les japonais sont-ils sans poils? »   //  « problème des japonais avec les poils »

« pourquoi les japonais se lavent les cheveux »    (<=== Oui tiens, pourquoi ?? )

Et dans un autre genre……….shoked

« voir des japonese a poil »   //   « les japonais a poils »

Plus étonnant :

« pourquoi les chinois n’ont pas de sourcils »   (==> Depuis quand les chinois n’ont-ils plus de sourcils ??)5539402799_ef18fec3cf_b

Ce qui explique pas mal de choses :

« pourquoi les japonais dépriment »   (===> Mais parce qu’on leur pose trop de questions sur leurs poils, pardi  !!!  Laissez-les tranquilles. )

On trouve aussi diverses questions d’hygiène :

goshi goshi towel« Que fait-on avec des filets dans la douche? » // « a quoi serve la petite serviette au japon »

« pourquoi les japonnais ce lave assis »// « qu’est-ce qu’on fait avec des filets dans la douche? »    //  « filet goshi goshi japonais pour la peau »  // « comment se lavent les japonais ? »

« les japonais se lavent »   (====> Oui, je vous le confirme.  )

« problemes de se laver donc je prends un petit tabouret » (==> ahaha ! )

« serviette de toilette sans poils »    (==> Pardon ?? )deo

Notamment sur le parfum, le déodorant et la transpiration :

« japonais n’ont pas de déodorant » // « les japonais ne se parfument pas »

« transpiration et poils au japon »  // « les japonais ne transpire pas »

« pourquoi les japonais ne sue pas » // »  « les japonais utilisent-ils du déodorant ? »

SAMSUNG DIGITAL CAMERACertains internautes s’intéressent aussi aux toilettes japonaises :

« toilette public au japon comment les reconnaitre sur la rue » (<= En ouvrant les yeux ?)

« est que les japonais ont un problème avec les toilettes »

« harcellement au toilet »    (<====== Cette personne ne doit pas rire tous les jours)

Pendant ce temps, d’autres s’intéressent à la rupture amoureuse. Et ça peut être assez violent…

« se separer d’une femme japonaise » // « mariage japonais cicatrice femme » (=> ouch)

shortLa seconde thématique la plus populaire concerne… Les fourmis !!! Et là, on trouve VRAIMENT n’importe quoi :

« fourmi grand extraterrestre » // « une fourmis peut elle avoir la rage » // « fourmi en couple »

« fourmi du recyclages »  // « fourmi et souffrance au travail »

« fourmi samourai » // « fourmi en canette » // « fourmie qui fait des pompe »

« je suis une fourmi »  (<===== Oui, moi aussi ! Top-là !! )

« peluches fourmis »  // « une fourmi remet sa mort »  // « fourmi drole »

« legende des femmes fourmis » // « nez de fourmi » // « maladie de fourmi »

« tenue de la fourmi pour deguisement »matcha latte

 » fourmi de politesse » (<=== Mais qu’est-ce que c’est  ??)

Et pour finir, les inclassables ! 

« matcha latte fais quoi dans le corp »   (<====  Si vous saviez…)

« quand une fourmie vous pique est ce que on peut aller à l hopitale »                                    (<= Bien sûr que « tu peux »… )

« ma maison est hanter le detecteur de fumer se met en route et ensuite l air etait glacer autour de moi »   (<=== Fuis ! Très loin ! )

« aide moi j ai une chute de cheveux ca se defourni »  (<== Sois fort, mon gars. On est avec toi.)

« superstition et petit rituel pour attirer vers soie les femmes » (<== Mon préféré !! 🙂 )


day_6_by_l_gackpoid-d4mxwnrVoilà, c’est tout pour l’instant !

Merci encore de suivre ce blog, et à très vite !!

automne

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