Le nouvel an japonais – un rituel de purification

nouvel an - teteS’il y a quelque chose que j’envie aux japonais, c’est bien leur célébration du « oshogatsu » (お正月), ou « fête du nouvel an ». Chez les fourmis, on se contente, comme vous autres, de se saouler au champagne en titubant dansant sur fond sonore. Au Japon, les festivités s’étendent sur 5 jours rythmés par des rituels traditionnels.

Le premier des rituels du Nouvel An n’est pas forcément super marrant. Il s’agit en effet, dès le mois de décembre, d’effectuer un « grand ménage d’hiver » (« お掃除 », o-souji) dans sa maison et son entreprise. On remet ainsi de l’ordre dans sa vie pour accueillir sainement la nouvelle année. Or donc, on range, on fait de la place, on aère, on décore (parfois)…

On en profite aussi pour faire le ménage dans sa vie. On règle toutes les dettes contractées au cours de l’année, et l’on reprend contact avec des amis éloignés ou de la famille. On se motive pour rédiger des dizaines de « cartes du Nouvel An », envoyées à toutes les personnes avec lesquelles on souhaite conserver de bonnes relations. Par la magie de la poste japonaise, elle arriveront toutes le 1er janvier, sans faute.

nouvel an - bonenkaiLa plupart des entreprises japonaises organisent en décembre des « bonenkai » (忘年会), un terme qui signifie littéralement « rassemblement pour oublier les difficultés de l’année passée ». Lors de ces fêtes, on mange et boit beaucoup et organise parfois des loteries avec cadeaux à la clef. On se remercie mutuellement, et on s’adresse des encouragements pour l’année à venir.

Le 31 décembre approchant, la plupart des employés reçoivent ENFIN quelques jours de congés ! En moyenne, 5 jours de repos pendant lesquels on se rassemble en famille.

nouvel an - osechiLa Saint-Sylvestre, appelée « 大晦日 » (oo-misoka), consiste à partager un dîner composé de mets traditionnels, dont chaque élément possède une signification particulière (longue vie, succès, chance, bonheur….). Ce repas est appelé « o-sechi ryôri » (おせち料理). Préparé à l’avance et servi froid, il évite à la maîtresse de maison de passer son Réveillon en cuisine…

nouvel an - ozoniMa préférence, en tant que fourmi amatrice de bizarreries, va à la soupe traditionnelle appelée « ozôni » (お雑煮), que l’on déguste le 1er janvier au matin. Elle se compose de légumes tels que des champignons ou des algues, mais SURTOUT de mochi grillé (petits gâteaux de pâte de riz). Ce met est censé vous apporter chance et longue vie.

Avant de pouvoir déguster ce nectar, on accueille le GONG de 0:00 de 3 façons différentes. Les casaniers suivront le « count down » depuis leur écran de télévision… Les jeunes citadins se rendront au compte à rebours organisé en ville, notamment à la Tour de Tokyo, tout illuminée pour l’occasion…

sonner les clochesEt les plus courageux iront faire la queue au temple pour faire sonner, chacun à leur tour, une énorme cloche. En tout, 108 coups seront frappés. Pourquoi 108 ? Dans la tradition bouddhiste, il existe chez l’homme 108 passions qui constituent autant d’obstacles à franchir avant de pouvoir atteindre « l’illumination », soit la pureté de l’esprit…
Autant dire que les gens attendant leur tour sont bien contents de se voir offrir du sake chaud, pour les aider à patienter dehors…

nouvel an - lever du soleilIl est aussi d’usage, notamment chez les jeunes, de partir en virée pour admirer le lever du soleil du 1er de l’An (« 初日の出 » « hatsuhinode », premier lever de soleil de l’année). Ils s’installent souvent sur une plage, ou une colline offrant un beau panorama.

nouvel an - visite au templeUne tradition presque incontournable pour les Japonais : Le Hatsumode (« 初詣 ») soit littéralement « la première visite au temple pour la nouvelle année ». Ceux qui se rendent dans les sanctuaires les plus célèbres ont intérêt à se montrer patients.

En effet, les premiers jours de janvier, ces lieux de culte rassemblent des milliers de personnes attendant leur tour pour adresser quelques prières rituelles à de la Divinité locale.

nouvel an - temple

Beaucoup de gens en profitent pour acheter quelques prédictions (« おみくじ » omikuji) accessibles à 1 €, qui détermineront leur degré de chance pour l’année. On peut aussi rédiger des vœux sur des planchettes de bois, ou acheter des amulettes protectrices (« お守り » o-mamori) à fixer sur un objet familier, tel qu’un téléphone portable.

Japonais, je vous envie ! A bas le champagne, donnez-moi de l’ozôni… ! Mon estomac de fourmi vous dira merci. (en 2014, je me mets à la poésie…)

Une très bonne année 2014 à tous !

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2 commentaires pour Le nouvel an japonais – un rituel de purification

  1. judhiroshima dit :

    Salut, je viens de découvrir ton blog et j’aime beaucoup ! (désolée de commenter un vieil article !)
    Cet article me fait penser à ce que j’ai écrit dans le mien cette année à propos de Shogatsu !

  2. Ping : Les mystères du calendrier traditionnel _ou le monde à l’envers | Une fourmi à Tokyo

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