Mon nouveau baito : prof de langues !

J’ai laissé ce blog à l’abandon quelques temps, et je le regrette. Je me suis trouvé un petit boulot de prof particulier, d’anglais et de français, qui me prend beaucoup de temps. C’est un chouette job, bien payé de l’heure, mais qui reste précaire.

En effet, on dépend chaque jour de la bonne volonté de l’élève à bien vouloir se déplacer jusqu’au café pour sa leçon. Les « désolé, je dois travailler demain ! » ou « Je suis malade… On peut repousser la leçon ? »  ou « Je suis coincé dans les embouteillages, je n’arriverai pas à temps… » surviennent assez souvent.

Petit grincement de dents… On remballe ses affaires, finit sa tasse, et repart à la gare.

Il y a aussi les premiers contacts par e-mails, qui peuvent parfois « agacer » (euphémisme inside) : « Or donc j’habite à l’autre bout de Tokyo et j’aimerais avoir mes leçons là-bas hein » « Euh… Le vendredi ou samedi à 22h, vous êtes disponible pour la leçon ? » (si vous n’avez pas de vie privée, n’en privez pas les autres je vous prie. Merci)

Plus surprenant aussi : « Je viens de rentrer à l’hôpital, car je me suis trop épuisé au travail… Je vais y rester deux mois… Pourriez-vous venir me donner des leçons, au café de l’hôpital ? » (M’enfin, tu es à l’hôpital pour te reposer, non ??)

Néanmoins, quand on le compare à un job dans un resto, à courir entre les tables, prendre les commandes, faire la plonge, rentrer chez soi avec les cheveux qui puent la friture…. Et un job assis dans un café, un matcha latte frappuccino à porté de paille, et un statut de prof à la clef… Eh bien, j’ai choisi mon camp.

Surtout que pour 1 heure de cours, j’aurais du trimer 2h30 dans un resto pour le même tarif. Et puis, en tant que journaliste (oui, à la base, hein…), quoi de plus intéressant que cette magnifique opportunité de rencontrer divers profils de Tokyoïtes et d’échanger à propos de nos cultures mutuelles ? On enseigne, certes, mais on apprend beaucoup également.

Entre un « すみませえええん、すみませええええん! おい ! お好み焼き二つ下さい» (Excusez-moooiii ! Oï ! Deux okonomiyaki  s’il vous plait ! »

Et un « Je veux apprendre la français, car c’est une langue très merveilleuse».

Honnêtement, que préférez-vous ? Ca vaut bien un « désolé Sensei, je ne peux pas avoir la leçon aujourd’hui… » de temps en temps…

Tout ça, pour m’excuser pour ce long retard, et aussi pour introduire l’article qui va suivre. Qui peut être un peu difficile à avaler d’ailleurs… Malgré tout, je pense qu’il est nécessaire d’en parler.

 En tout cas, merci pour votre fidélité et vos messages d’encouragement, malgré ce temps mort prolongé…

 Ciao, le fourmi revient bientôt ! 

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33 commentaires pour Mon nouveau baito : prof de langues !

  1. Christophe R. dit :

    Ouaiiiiiiiis amandine is back 🙂

    Je compatis pour les aléas du boulot de prof de français !! Même si cela n’avait pas le caractère vital que ça a pour toi au japon, les cours que j’ai pu donner à la Yuai ont un peu subi ce comportement des japonais.

    Tu m’as fait bien rire avec « la français est une langue très merveilleuse »….yaurait de quoi faire un bouquin sur les perles genre « le franponais » si tu connais (bouquin ou site web)

    Tu sais que je suis allé sur le blog d’Ary plusieurs fois, des fois que j’aurais loupé des emails de mise à jour

    À très vite pour les nouvelles aventures d’ary qui mine de rien doivent te demander pas mal de préparation aussi…

    • Ary dit :

      Merci de rester fidèle, Christophe 🙂 Un autre article suit très vite. J’en écrirais un autre sur quelques perles de franponais aussi tiens.

  2. Je pensais la ponctualité des Japonais légendaire ! ^^
    Ravie de te lire de nouveau =)

  3. Ping : La peur. Au creux du ventre | Une fourmi à Tokyo

  4. Honnêtement je ne préfère aucun des deux mais n’ayant aucune patience pour enseigner je vais plutôt me retourner vers les restos qui seront en plus une bonne occasion de travailler la langue.

    • Ary dit :

      L’ennui, c’est que les étrangers, à moins d’avoir des bons diplômes et un excellent niveau en japonais, n’ont pas beaucoup le choix en ce qui concerne les petits boulots… C’est souvent soit « serveur » ou soit « prof. Mais pour pratiquer la langue, je suis d’accord avec toi, les resto c’est mieux. En ce qui me concerne, comme j’étudie tous les matins dans une école de japonais, j’en ai déjà un peu l’occasion. Bonne chance en tout cas… !

  5. gobet dit :

    Merci, tu me fais simplement voyager en te lisant.

    Je trouve qu’être prof à l’étranger c’est juste superbe, avis personnel, si j’avais les diplômes adéquat, je l’aurai fait !

    • Ary dit :

      Je n’ai aucun diplôme de prof. Je suis journaliste… ! Pas besoin de diplôme pour faire prof (particulier en tout cas) au Japon. Tu as toutes tes chances… !

      • gobet dit :

        Je veux bien que tu m’expliques en détail alors :O
        Moi vivre au japon pendant X année en enseignant le Français, ma langue natale, le pied !

      • Ary dit :

        pose moi tes questions, alors 😉

      • Anonyme dit :

        Quelle disponibilité 🙂

        Mmh est ce que le travail est facile à trouver ? Il faut maîtriser l’anglais ou le japonais obligatoirement ? Le bac suffit ? Est ce bien payé ?

      • Ary dit :

        Le travail est facile à trouver. Ensuite, il faut du temps pour se construire une liste suffisante d’élèves pour que ça devienne rentable. Un ou 2 mois. Voire 3.

        Il faut au moins l’anglais et/OU le japonais. Juste le français n’est pas suffisant. Car la plupart des japonais sont de purs débutants en français. Et certains ne parlent pas un mot d’anglais également, ou le parlent assez mal. Le japonais, s’il n’est pas absolument nécessaire, peut bcp aider.

        Le bac suffit. Même si ce n’est pas forcément rassurant pour les étudiants, qui préféreront sans doute choisir une personne plus diplômée. Puisqu’ils ont vraiment beaucoup de choix. Et qu’ils doivent payer pour avoir les coordonnées des profs qui les intéressent.

        Je demande personnellement 25 euros par heure de cours. Avec 15 à 16h par semaine, je peux obtenir environ 1600 euros par mois. Mais on peut rapidement augmenter ce chiffre, si on multiplie les heures, évidemment. A noter que les leçons nécessitent également des préparatifs.

      • gobet dit :

        Merci, franchement au top les réponses !
        Je comprends qu’il faut apprendre une des deux langues, c’est pour cela que je souhaite partir 6 mois minimum en Angleterre avant de partir au Japon.

        Faire une liste d’élève, les petites annonces au mur sont un bon moyen ? Ou est- ce plus compliqué à ce faire une liste ?
        Ce travail de prof individuel a de l’avenir et de la concurrence ?
        Est- ce un job raisonnable sur longue durée ?
        Pourquoi n’augmentes- tu pas ton nombre d’heure, est- ce parce que le travail te dérange un peu et tu aimerais faire autre chose ou c’est parce que cela te suffit ?

        Si des questions te gênent ou sont compliqués, je comprends t’inquiète pas. Et encore un grand merci.

      • Ary dit :

        Attention, ce n’est pas un métier : c’est un baito. C’est à dire, un petit job. Genre, job d’été…

        On ne tient pas toute une vie avec ça, et ça reste très peu fiable. Donc sur une longue durée, je ne le conseille pas du tout. En revanche, ça peut être pas mal en complément d’une autre activité, pour boucler ses fins de mois. S’il y a beaucoup de concurrence avec les autres profs étrangers, certains possédant des diplômes adaptés, et aussi avec des écoles, on ne peut pas dire que ce « petit job » ait un « avenir ». Aucune possibilité de progression, sans diplôme en tout cas.

        Si je limite mes heures, c’est d’une part parce que je n’ai pas le choix : ayant un visa étudiant, je ne suis autorisée à travailler que 28 heures par semaine. Et d’autre part : cette année, je suis au Japon avant tout pour étudier le japonais. Je me rends donc dans une école tous les matins, et j’ai donc besoin de temps pour assimiler ce que j’y apprends.

        Ce baito ou petit job me permet de payer mon appartement et ma nourriture le temps de finir mon cursus. Ensuite, je reprendrai mes activités de journaliste, en plus peut-être de ce baito.

        Si tu veux vraiment un travail d’avenir dans ce domaine, il faut passer des diplômes, genre « enseignement du français langue étrangère », pour pouvoir enseigner dans des écoles.

        Bon courage ! Et ne brûles pas les étapes, ou tu te perdrais en route. Prends ton temps, et passe les diplômes appropriés, c le meilleur conseil que je puisse te donner.

      • gobet dit :

        Coucou !!!

        Je parlais de ce job pas comme à vie, mais comme job de durée de voyage, étudiant comme tu dis, genre ce poser un an voir deux ans, en tenant ce travail, puis repartir, Ou alors c’est seulement quelques mois ?
        Au lieu de travailler dans un restaurant, ou autre!
        Je pense bien que si il faut se spécialiser, ça devient plus difficile car les diplômes et formations seront demandés ! C’est un métier complexe ! =)
        Je sais que si la personne veut se poser, les  » vrais  » jobs cdi si possible reste les meilleurs, c’est clair et net.
        Voilà: Ce que tu fais, apprendre le japonais avec un petit travail à côté, c’est EXACTEMENT ce que je veux faire!!

        Comment as- tu trouvé ton école ?

        J’aimerai en faite partir quelques temps au Japon, courte durée, puis revenir en France et, si mon premier voyage a répondu à mes attentes, déménager et travailler dans un domaine en rapport avec mes études.

        J’espère que ton voyage se déroule toujours bien, j’ai souvent hâte de voir de nouveaux articles =)

      • Ary dit :

        Ha, dans ce cas là, oui c’est un bon « job temporaire ». Mais quand tu me demandais s’il avait de « l’avenir », je pensais que tu imaginais continuer à long terme.

        Mon école, c’est une amie qui m’en a parlé. Elle s’appelle SJI sendagaya japanese institute. située à Takadanobaba, tokyo. C’est cher, c’est sûr, mais c’est une excellente école. Et quand on compare avec les autres, c’est loin d’être la plus chère.

        Tu peux aussi y étudier pour seulement 3 mois. Pas obligé de rester l’année entière. Les cursus sont de 3 mois. chaque trimestre correspond à 1 niveau. Tu peux donc commencer à peu près quand tu veux dans l’année, vu qu’il y a « 4 rentrées trimestrielles » : avril, juillet, octobre, janvier.

        Je suis en vacance à partir de demain, je vais pouvoir rédiger quelques articles. Merci pour tes encouragements, et n’hésite pas si tu as d’autres questions !

      • Anonyme dit :

        Non, je parlais de ce job sur une durée, aller, GROS MAXIMUM deux ans. le temps d’un voyage pour savoir si le pays est fait pour nous. Puis si c’est le cas, revenir et trouver un boulot, en rapport avec mes études (éco- droit) enfin beaucoup plus stable.

        Merci pour l’information de ton école, toujours au top 🙂
        J’aimerai aller au Japon dès la fin de mes études. Mais je veux aussi aller en Angleterre, pour devenir parfaitement bilingue, et je pense qu’il soit plus judicieux, de commencer par UK; mais le faite que tu me dises que je peux y aller 3 mois, j’ai l’impression que toutes tes infos sont faites pour moi, sincèrement !

        Franchement, je dois te le dire trop, mais merci ! La chance d’avoir une personne directement sur place et connaisseur c’est très agréable!

        Bonne continuation!!

      • Ary dit :

        Bon courage en tout cas ! Ton projet a l’air de tenir debout.

  6. Ping : « Ceux » dont on ne doit pas prononcer le nom. « Les burakumin » | Une fourmi à Tokyo

  7. Aurélie dit :

    Coucou,
    J’ai découvert ton blog par hasard je le trouve vraiment sympa et bien rédigé.
    je souhaiterais partir un an avec un visa vacances-travail il y’a quelques infos qui pourraient m’être utile.
    Par exemple donner des cours à l’air vraiment enrichissant, mais je n’ai qu’un niveau bac et je suis loin d’être bilingue en anglais du coup je pense me rabattre sur des arubaito en restauration ou en hôtellerie.
    Par contre je ne sais pas trop comment je vais me débrouiller pour trouver; j’ai une liste de restos français sur Tokyo, j’imagine qu’il faut les démarcher une fois sur place.
    Désolé de m’être un peu étalée, je me pose tellement de questions car je veux absolument réussir mon projet.

    • Ary dit :

      Aurélie,

      Oui en effet, donner des cours pourrait être un peu difficile si ton niveau d’anglais n’est pas suffisant. Ensuite, le mien n’est pas au top de l’excellence non plus.

      Pour trouver un baito à Tokyo, c’est sûr que le mieux c’est d’être sur place. Il existe des organismes tels que « Hello work » à Shinjuku (tokyo) qui sont fait pour les étrangers habitant au Japon et cherchant un job. en général, ils peuvent t’aider à trouver un job assez rapidement, et t’aident à faire ton cv si tu leur demandes.

      Autrement, sur internet, tu as des sites qui sont fait pour les étrangers qui cherchent un boulot au Japon. L’un des plus connus : https://jobs.gaijinpot.com/index/index/page/3/lang/en

      en regardant les offres, tu peux te faire une idée des demandes et prérequis.

      En espérant que ces infos te seront utiles ! (quand comptes-tu venir ?)

  8. Aurélie dit :

    Merci pour ses infos.
    Dommage que le site de Hello work soit uniquement en Japonais, par contre j’ai pu le localiser sur goole map. J’ai fait un tour sur l’autre site conclusion il faut que je continue d’apprendre le Japonais par moi (même si je progresse très lentement) y’a pas à dire des bases en Japonais c’est vraiment un plus.
    J’aimerais venir en Mars 2013 si tous se passe bien, j’aurais bien voulu un peu plus tôt mais cela m’obligerait à remplir ma valise de fringues d’hiver et là je ne pense pas que je pourrais tout caser.

    • Ary dit :

      D’ailleurs je chercherai un/une coloc l’année prochaine, aux environs de mars/avril/mai, si ça t’intéresse. A Tokyo.

      Faudra que je cherche l’appart aussi -__-

      • Aurélie dit :

        Coucou,
        Si le prix correspond au budget que je me suis fixée je suis intéressée.
        La coloc ça permet d’échanger des bon plans s’entre aider…\(^o^)/
        Je suis contente de faire ce projet mais j’avoue que toute seule c’est pas évident.
        Sinon il y’a une guesthouse qui propose des prix abordables voici le lien
        http://ietomo.jp/index-eigo.html

      • Ary dit :

        Je vais regarder ça, merci beaucoup 🙂

        Perso, mon budget serait entre 300 et 700 euros. si possible. Je déménagerai peut-être avant mars, je ne sais pas encore.

        A vrai dire, j’en ai un peu assez d’habiter toute seule. C’est pas évident à Tokyo… D’un point de vue pratique, comme moral.

        C’est rassurant de pouvoir partager son quotidien avec quelqu’un qui a le même langage et la même culture.

  9. Aurélie dit :

    Moi si le loyer pouvait ne pas dépasser 500 € ça serait bien. Je n’ai pas encore totalement défini mon budget pour mon PVT.
    D’ailleurs si ce n’est pas indiscret tu es en appart en ce moment ou guest house ?

    • Ary dit :

      Je suis en appartement, 17m², à 10 minutes en train de Shinjuku, 6 minutes de Takadanobaba. Je paie environ 660 euros par mois tout compris (electricité, internet, eau, air conditionné..)

      Mais c’est une résidence qui appartient à l’école, donc les prix sont réduits. Normalement, avec toutes ces conditions réunies, ce serait bien plus cher je pense.

  10. lucy dit :

    Bonjour Ary !
    Juste un petit mot pour dire que je suis contente de te relire,
    Tu écris toujours aussi bien ^^
    J’espère que tout se passe bien à Tokyo, tu nous manques ici !!

    Des bises !

    • Ary dit :

      lucyyyyy, tu me manques !!! toute la yuai me manque tellement…. j’aimerais tellement qu’il y ait une assoc similaire ici… on se revoit en avril je pense 🙂

  11. gobelalune dit :

    Bonjour Ary,

    J’ai lu tous les commentaires, mais n’ai pas trouvé où (ou si ?) tu expliquais comment tu avais fait pour trouver tes élèves ?

    Merci beaucoup, article très utile et très agréable à lire =)

    • Ary dit :

      Bonjour, et merci pour ton message !

      J’ai trouvé mes élèves via des sites internet, où l’on peut se créer « un profil de professeur » gratuitement. Ensuite, les japonais intéressés peuvent payer une petite somme pour recevoir tes coordonnées. En cherchant un peu dans google, tu peux trouver facilement 🙂 Tu envisages d’enseigner des cours privés au Japon ? Méfie-toi, ça reste assez précaire comme travail.

  12. Ping : Workaholism _ ou les drogués de travail | Une fourmi à Tokyo

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